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Coup d’État au Soudan : militaires non identifiés enlèvent ministres

Protestations de la population civile, effrayée par la possibilité d'un régime militaire. Les civils se sont rassemblés pour protester dans les rues.

Coup d'État au Soudan : militaires non identifiés enlèvent ministres

Coup d’État au Soudan. Des hommes armés non identifiés ont enlevé des dirigeants soudanais à leur domicile, selon une source gouvernementale. L’accès aux télécommunications a été restreint et des forces militaires sont déployées à Khartoum, la capitale, limitant la circulation des civils.

L’aéroport a aussi été bloqué.

Coup d’État au Soudan: que se passe-t-il ?

« L’accès aux télécommunications a été restreint », a rapporté la chaîne de télévision Jazeera depuis Khartoum. « Il est donc très difficile d’obtenir des informations sur ce qui se passe ».

Des membres civils du conseil souverain de transition et un certain nombre de ministres du gouvernement auraient été arrêtés par les forces militaires conjointes. Le lieu où ils ont été emmenés est encore inconnu.

Les forces armées ont également arrêté le Premier ministre du Soudan Abdallah Hamdok.

« Après avoir refusé de soutenir le coup d’État, les forces armées l’ont arrêté », a expliqué le ministère de l’Information. Selon la chaîne de télévision Al-Hadat, le premier ministre a été placé en résidence surveillée.

D’autres dirigeants ont également été mis « aux arrêts » : le ministre de l’Information Hamza Baloul, le conseiller média du Premier ministre Faisal Mohammed Saleh et le ministre de l’Industrie Ibrahim al-Sheikh. En outre, le porte-parole du Conseil souverain au pouvoir au Soudan, Mohammed al-Fiky Suliman, et le gouverneur de la capitale Khartoum, Ayman Khalid ont aussi été enlevés.

Pour l’instant, la BBC a rapporté que ne sait pas encore qui sont les militaires qui ont procédé aux arrestations et de qui ils dépendent.

Le ministère de l’information a également indiqué que l’Internet a été interrompu dans tout le pays et que les principales routes et ponts menant à la capitale ont été fermés. L’aéroport a également été fermé et les vols internationaux annulés.

Protestations de la population civile

Cette nouvelle a provoqué des protestations de la population civile, effrayée par la possibilité d’un régime militaire. Les civils se sont rassemblés pour protester dans les rues et, dans certains quartiers, ils mettent le feu à des pneus.

L’Association des professionnels soudanais (SPA) a appelé ses partisans à se mobiliser dans la rue et par la grève « contre les putschistes ».

Pas le premier coup d’État des militaires

Ce n’est pas le premier coup d’État auquel le Soudan est confronté (même si c’est le premier qui semble effectif).

En effet, le pays connaît une situation politique fragile depuis 2019, lorsque les militaires ont chassé le président Omar el-Béchir après 30 ans de règne. Un accord de partage du pouvoir a ensuite établi un gouvernement impliquant non seulement les militaires, mais aussi des représentants civils et des groupes de protestation. Une transition délicate vers un gouvernement démocratique a donc commencé.

La transition avait déjà été menacée par de précédentes tentatives de coup d’État liées à des factions loyales à Al-Bashir.

La situation était également très tendue en raison de la division du principal bloc civil, les Forces pour la liberté et le changement (FFC), en deux factions.,

La division a ensuite été exacerbée à la suite d’un coup d’État déjoué le 21 septembre.

La semaine dernière, des dizaines de milliers de Soudanais (y compris des ministres en exercice) ont défilé dans tout le pays pour soutenir le transfert complet du pouvoir aux civils. L’objectif était de contrer un sit-in de plusieurs jours devant le palais présidentiel de Khartoum, qui demandait le retour au « régime militaire ».

Les États-Unis « profondément inquiets »

D’autres pays dans le monde ont commencé à s’exprimer sur la question.

Les États-Unis se sont ainsi dits « profondément inquiets » par l’annonce de cette prise de pouvoir par les militaires.

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