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Les juges rouvrent le dossier : Omar Raddad m’a (vraiment) tué ?

Ce sont « des éléments probants mettant en doute la culpabilité d’Omar Raddad », avait assuré Noachovitch avant le rendu de la décision.

Les juges rouvrent le dossier : Omar Raddad m'a (vraiment) tué ?

27 ans après la condamnation d’Omar Raddad pour le meurtre de Ghislaine Marchal, une riche veuve de 65 ans, les juges ont décidé de réouvrir le dossier.

Réouverture de le dossier Raddad: « un vrai espoir » pour Omar

Le premier pas vers une éventuelle révision du procès. Vingt-sept ans après la condamnation d’Omar Raddad pour la mort d’une riche veuve, Ghislaine Marchal, la certitude de sa culpabilité n’est plus aussi certaine.

En fact, le 16 décembre, les juges ont décidé de rouvrir l’affaire.

La Commission d’instruction de la Cour de révision et de réexamen a demandé des informations supplémentaires avant de déclarer ou non la recevabilité de la demande soumise par Raddad. Dans tous les cas, la Cour aura le dernier mot sur l’organisation d’un nouveau procès, un événement rare en France.

« Cette décision est un pas vers la révision », a déclaré à la presse l’avocate d’Omar Raddad, Sylvie Noachovitch. « La bataille n’est pas terminée », a-t-elle ajouté.

Pour Omar Raddad, « c’est un vrai espoir », a-t-elle déclaré.

« Omar m’a tuer »

L’affaire Omar Raddad a défrayé la chronique à Mougins en 1991.

Un dimanche de juin, Ghislaine Marchal, 65 ans, veuve du propriétaire d’une célèbre entreprise d’équipement automobile, disparaît sans laisser de traces.

Elle a été retrouvée le lendemain par des amis et des agents de sécurité dans la cave de sa maison. La porte avait été fermée de l’intérieur avec un lit pliant et des tuyaux métalliques. Une fois à l’intérieur, en plus du corps de la femme, une inscription faite de son sang a été trouvée.

« Omar m’a tuer », était-il écrit.

La sentence a été la principale preuve de l’arrestation d’Omar Raddad, bien qu’il y ait eu d’autres preuves du contraire, qui n’ont pas été considérées comme fiables.

Il a été condamné en 1994 à dix-huit ans d’emprisonnement, sans possibilité d’appel à l’époque, bien qu’il ait déclaré son innocence. Il a ensuite été partiellement gracié par le président Jacques Chirac, et libéré sous condition en 1998.

La grâce ne signifie toutefois pas que sa peine est annulée ni qu’il est innocenté.

Déjà une demande de nouveau procès rejetée en 2002

En fait, une demande de révision du procès avait déjà été formulée en 2002 par l’ancien avocat d’Omar Raddad, Jacques Vergès.

Cette décision a été prise sur la base de tests ADN, qui ont révélé un « petit pourcentage » d’ADN masculin différent de celui du jardinier. Mais la Cour de révision et de réexamen avait rejeté la demande d’un nouveau procès, considérant qu’il était « impossible de déterminer à quel moment, antérieur, concomitant ou postérieur au meurtre, ces traces ont été laissées ».

Il y a « des éléments probants mettant en doute sa culpabilité »

Cette nouvelle demande s’appuie sur les avancées scientifiques en matière d’ADN et sur une loi de 2014 qui a assoupli les critères pour obtenir un nouveau procès.

Ce sont « des éléments probants mettant en doute la culpabilité d’Omar Raddad », avait assuré Noachovitch avant le rendu de la décision.

En effet, les conclusions d’un expert en génétique qui a analysé des échantillons des scellés en 2015 ont été présentées au tribunal, révélant des traces d’ADN « exploitable » dans la disposition des lettres. En fait, des traces d’ADN ont été trouvées sur la scène de crime, et sur le lettrage, qui n’appartenaient pas à l’ancien jardinier.

Au total, quatre empreintes génétiques, correspondant à quatre hommes, ont été retrouvées sur une poutre et deux portes de la scène. Et c’est précisément sur ces portes que « Omar m’a tuer » a été écrit.

Par ailleurs, des études menées entre 2019 et 2020, ont permis de découvrir 35 traces d’un ADN masculin dans l’écriture. Il a aussi été conclu que les empreintes avaient été déposées au moment des événements, et non polluées par la suite.

La commission d’enquête de la Cour de révision et de réexamen a demandé un complément d’enquête sur ce point.

La défense de l’ancien jardinier estime donc que le véritable meurtrier, le propriétaire des traces génétiques, a composé l’inscription pour désigner Omar Raddad comme bouc émissaire.

La famille Marchal en attente

La famille de Ghislaine Marchal a commenté l’incident en disant qu’elle avait « pris note » de la décision d’ordonner des enquêtes supplémentaires.

La famille de la victime « souhaite que ces investigations permettent de mettre un terme définitif à une affaire douloureusement vécue par elle » et « espère que ce nouveau volet judiciaire se déroulera dans un climat médiatique apaisé », selon le communiqué.

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