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Taux de chômage : le gouvernement inquiet des chiffres de Pôle emploi

 

Pôle Emploi

Le chômage poursuit sa hausse en 2013- Crédits : Alainalele, via Flickr

Alors que Pôle emploi va publier ce jeudi 28 novembre les chiffres du chômage pour le mois d'octobre, la promesse du gouvernement d'inverser la courbe du chômage semble s'éloigner chaque jour un peu plus.

En septembre, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a augmenté de 60.000, pour atteindre 3,29 millions, un record.

Cette hausse est certes à mettre au compte en partie du "bug" technique qui avait fait baisser artificiellement le nombre d'inscrits à Pôle Emploi le mois précédent. Reste que depuis mai 2011, la progression est quasi ininterrompue.

Une nouvelle douche froide jeudi serait un mauvais coup pour le gouvernement qui s'en tient contre vents et marées à son objectif d'"inverser la courbe du chômage" à la fin de l'année, une préoccupation majeure des Français.

"Nous ferons reculer le chômage", a encore répété mardi le ministre du Travail Michel Sapin, qui met en avant le fait que "le chômage des jeunes a reculé pour le cinquième mois consécutif". Et que les destructions d'emplois se sont ralenties au 3ème trimestre.

Mais les restructurations annoncées cet automne en rafale, comme le récent dépôt de bilan du transporteur Mory Ducros, alimentent le scepticisme. Même si les licenciements économiques (2% environ des inscriptions à Pôle Emploi) ont dans les faits un impact limité sur les statistiques de l'emploi.

Les Français moroses quant à la situation économique

Selon la dernière enquête de l'Insee réalisée en novembre, les ménages français "sont plus inquiets qu'en octobre concernant l'évolution future du chômage". Ils sont très moroses, notamment sur la situation économique, un climat de nature à fragiliser un peu plus le scénario d'un rebond de la croissance en fin d'année.

Au troisième trimestre, le PIB s'est contracté de 0,1%. Or, il faudrait environ 1,5% de croissance pour faire vraiment repartir l'emploi, selon les économistes. Dans ce contexte, la prévision de l'assureur-crédit Coface qui prédit un niveau "historiquement élevé" de défaillances d'entreprises en 2013 dans l'Hexagone n'est pas faite pour rassurer.

Les organisations internationales (OCDE, FMI, Commission européenne) ne croient d'ailleurs pas à un recul prochain du chômage en France. Elles pensent même que la hausse va se poursuivre en 2014.

L'Insee table, lui, sur une stabilisation du taux de chômage fin 2013 à 10,6% en métropole. "L'objectif, c'est que la courbe s'inverse à la fin de l'année, mais elle ne s'inversera durablement que si la croissance revient", reconnaît d'ailleurs le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Les syndicats sceptiques

"J'ai été toujours été plus que sceptique quand cet engagement a été pris, c'est un engagement politique ou un pari, on appelle ça comme on veut", a expliqué mercredi à l'AFP le dirigeant de FO, Jean-Claude Mailly. "Quand on est dans une croissance plus que molle et qu'on voit l'accumulation des plans sociaux, une remontée des licenciements économiques, c'est un pari plus que difficile à gagner", a-t-il ajouté.

Laurent Berger a, lui aussi, "toujours été sceptique". Mais "ce n'est pas mon problème qu'il (François Hollande, NDLR) réussisse son pari ou non. L'important c'est que le chômage baisse", a-t-il ajouté, demandant à ce qu'on ne parle pas de "courbe", ni de "statistique", mais de "gens".

Le gouvernement prévient de toute façon qu'il faudra attendre les chiffres de décembre, publiés fin janvier, pour savoir s'il a réussi. Et il sait qu'il dispose d'une arme pour parvenir à son objectif: les emplois aidés (dont les emplois d'avenir pour les jeunes non diplômés) et les entrées en formation dans le cadre du plan de "formations prioritaires". Entamé en septembre, ce plan vise à orienter 30.000 chômeurs vers des offres d'emploi qui ne trouvent pas preneurs.

Le 7 décembre, comme chaque année, chômeurs et précaires défileront à Paris "pour faire entendre leur voix" et montrer que le le chômage "ne se réduit pas à un chiffre, ni la précarité à une courbe".

Avec AFP.

   
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