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« Émeutes en Nouvelle-Calédonie: Fracture Kanak-Judiciaire »

Dans l’archipel de Nouvelle-Calédonie, une vague de calme lentement progressif apparaît en parallèle à l’examen juridique des cas des émeutiers depuis le 23 mai, qui sont susceptibles de répondre à divers délits. Ces méfaits varient d’agressions sévères contre les forces de police à des vols mineurs comme dérober une paire de chaussures dans une boutique pillée. Ces audiences dévoilent ceux qui ont participé à la vague de violence qui a ravagé l’archipel depuis le 13 mai.

Le palais de justice de Nouméa est en plein tourbillon avec des comparutions immédiates, qui durent généralement quinze à vingt minutes, se produisant à une cadence rapide. Tous les juges sont mobilisés pour apporter, dans les plus brefs délais, des réponses aux nombreux dossiers qui s’accumulent.

Au cours des quinze jours d’insurrection, jusqu’au 28 mai, les autorités ont arrêté 535 personnes sur la base de seulement 42 mandats de dépôt. Ces chiffres peuvent sembler relativement bas compte tenu de la gravité des dégâts évalués à plus de 1 milliard d’euros et l’angoisse croissante au sein de la population de la région de Nouméa.

En date du 30 mai, un bilan provisoire des affrontements indique sept décès, y compris un gendarme tué, et 136 policiers blessés, certains très sérieusement. Lors d’une conférence de presse, la haute administration a confirmé qu’elle n’avait aucun décompte pour les émeutiers, tout comme à l’hôpital, où il a été expliqué qu’ils ne « comptent pas le score ». « Je regrette ce que j’ai fait ».

Alors que les audiences se poursuivent, les justiciables Kanak continuent à se présenter devant le tribunal. C’est le récit de Jonathan, un chômeur fils d’un gendarme à la retraite, qui a demandé à rester anonyme. Il a vécu une nuit difficile, partageant une cellule conçue pour deux avec quatre autres détenus. Malgré l’anxiété manifeste qui l’empêche de s’exprimer facilement, son avocat le décrit comme un homme « sans histoires ».

Dans son désarroi, il a admis aux forces de l’ordre qu’il pensait pouvoir se servir dans un entrepôt d’appareils électroménagers, inspiré par les messages sur les réseaux sociaux et le comportement d’un grand nombre de personnes présentes. Face à l’insistance de la juge, il admet finalement, d’une voix tremblante, que c’était effectivement un vol. Pour Jonathan, c’est une première confrontation avec la justice qui lui vaut une peine de huit mois de prison avec sursis.

D’autres cas plus sérieux de violences envers les forces de l’ordre sont également à l’ordre du jour. Un jeune père d’une petite fille de 6 mois, originaire d’Ouvéa et récemment arrivé à Nouméa pour le travail, est jugé pour détention d’une arme. Il avait utilisé un lance-pierre contre un trio de policiers. Le policier blessé, un sergent, témoigne en jouant avec le boulon qui lui a servi de projectile et qu’il conserve toujours. Il évoque le désordre, l’épuisement, le « traumatisme » qu’il a vécu, heureux d’avoir reçu le boulon en acier sur sa jambe protégée.

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