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Klesia et Malakoff Humanis visées pour des faits de corruption

Les deux institutions de prévoyance Klesia et Malakoff Humanis sont attaquées par plusieurs intervenants de la branche de l’hôtellerie-restauration, soupçonnées notamment de corruption.

Le secteur de l’hôtellerie-restauration est en émoi. La faute à une hausse des cotisations imposée par deux institutions de prévoyance, Klesia et Malakoff Humanis à leurs adhérents du secteur HCR (hôtels, cafés et restaurants). La hausse, de 68 %, s’accompagne de plusieurs bouleversements, parmi lesquels l’éviction du courtier historique de la branche, le groupe Colonna, qui était gestionnaire des contrats santé et prévoyance couverts par les deux groupes de protection sociale. De quoi faire grincer des dents : l’Union des Métiers et des industries de l’Hôtellerie (Umih), présidée par le chef étoilé Thierry Marx, et le Groupement National des Chaînes hôtelières (GNC), deux organisations patronales, se sont opposés à l’augmentation et demandant un nouvel appel d’offres concernant la gestion. L’Umih a déposé une plainte en référé contre Klesia et Malakoff.

Une parmi tant d’autres. En tout, ce sont sept procédures qui se jouent actuellement devant les tribunaux parisiens, assure L’Argus de l’Assurance. Parmi ces procédures, celle du groupe Colonna, contre les mêmes institutions de prévoyance. Le courtier indépendant pointe du doigt des faits probables d’« abus de confiance » et de « corruption active ». Klesia et Malakoff auraient notamment influencé les syndicats afin d’augmenter leurs tarifs et leurs marges, selon le journal d’investigation L’Informé. À la clé : plusieurs millions d’euros de bénéfices supplémentaires pour les institutions de prévoyance. Et une mainmise de plus en plus flagrante des institutions de prévoyance sur la gouvernance du secteur. Pour l’avocat William Bourdon, interrogé par Les Échos, « Malakoff Humanis et Klesia profitent du déséquilibre économique et politique en leur faveur pour discréditer » Colonna.

Ce déséquilibre s’illustre notamment par un jeu de casquettes très trouble. Sous couvert de gestion paritaire du secteur, les rôles s’entremêlent : l’ancien responsable CFDT de la branche indique par exemple à l’Informé que « Klesia et Malakoff Humanis contribuent à financer des formations ou des événements pour les organisations syndicales » et s’interroge sur le fait que … mais combien, où, et vers quelle structure juridique ? , soulève des personnes puissent siéger « à la fois dans l’institut de prévoyance et dans un syndicat ». Autre point troublant de cet épineux dossier : le rôle d’Alain Missoffe, ancien dirigeant de Klesia, qui est devenu l’une des pierres angulaires de Diot-Siaci, nouveau gestionnaire pour le compte des institutions de prévoyance. Enfin, plusieurs syndicalistes de la CFE-CGC, de CGTA-FO ou encore de la CFC-CGC siègent aujourd’hui dans les conseils d’administrations de Klesia ou de Malakoff Humanis. De quoi s’attendre à des procès retentissants.

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