Catégories: Politique
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20 mars 2024 18 h 07 min

Accord Financement Aéroport Dole-Jura Bourgogne-Franche-Comté

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Le financement de l’aéroport de Dole-Jura est source de désaccord en Bourgogne-Franche-Comté. Localisé à Tavaux, facilement accessible par autoroute et non loin de Besançon et Dijon, cette ancienne piste militaire de 2230 mètres est perçue par le président du conseil départemental du Jura, Clément Pernot (Les Républicains), comme un moyen de dynamiser l’économie locale et de connecter la région. Cependant, il fait face à un obstacle de taille : le refus de la région Bourgogne-Franche-Comté de contribuer à ses coûts de fonctionnement et sa réticence à co-investir dans les investissements indispensables.

M. Pernot, dont le département détient la propriété du site depuis sa cession effective par l’Etat le 1er janvier 2007, estime néanmoins pouvoir surmonter cette difficulté. Vendredi 8 mars, il a annoncé publiquement un “accord de principe” avec des métropoles et départements voisins en vue de trouver une “solution commune” à ce qu’il voit comme étant une « défaillance régionale », sachant que le Jura a déjà dépensé 38 millions d’euros pour cet équipement.

En 1970, la transformation d’une piste en aéroport a été orchestrée. Un terminal et une tour de contrôle ont été mis en place par le gouvernement et le Jura, l’autorité locale de l’époque, a géré l’installation, avec l’aide de la chambre de commerce et d’industrie. Des vols charter étaient opérés pour former des pilotes militaires et civils de France et de Suisse. Pour une décennie, l’Aéropostale s’est établie sur le site ainsi que diverses entreprises, qui ont plus tard fermé. Toutefois, l’aéroport a toujours lutté pour être financièrement viable, surtout parce que Lyon-Saint-Exupéry, Bâle-Mulhouse et Genève-Cointrin répondaient à la majorité des besoins locaux.

Malgré aucun transport public prévu, il y a eu une augmentation significative du nombre de passagers de 3 446 en 2001 à 137 181 en 2015, l’année la plus fréquentée (125 141 en 2023) grâce aux ambitions de Christophe Perny, l’ancien président socialiste du Jura, de capitaliser sur le succès des vols à bas coût. Un accord a été conclu avec Ryanair en 2011 pour des vols vers le Maroc et le Portugal et des vols saisonniers d’été vers l’île populaire des Air Corsica. Cette stratégie a été et reste efficace mais non rentable car ces vols reposent sur des millions d’euros de subventions, à la grande frustration de la chambre régionale des comptes.

M. Pernot a approché la présidente de la région, Marie-Guite Dufay, membre du Parti socialiste, pour lui demander son soutien, s’appuyant sur le fait que seulement 10 % de la clientèle de l’aéroport sont jurassiens. Toutefois, Mme Dufay a refusé. Elle explique que leur mission ne consiste pas à financer des entreprises commerciales comme l’aéroport qui n’ont pas encore trouvé leur modèle économique viable. Selon elle, l’aéroport sert principalement des clients qui partent pour des vacances à prix réduit, gracieuseté des contribuables du Jura, sans proposer de vols entrants qui attireraient des touristes en provenance du nord de l’Europe vers leur région. Elle a fait part de son refus par écrit en octobre en mentionnant également l’impact environnemental significatif de l’aviation. Mme Dufay a explicitement exprimé son aversion pour le secteur du low cost qui, selon elle, néglige les aspects sociaux et elle préconise plutôt le soutien des transports ferroviaires quotidiens.
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