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Inde: la Cour Suprême propose à un violeur d’épouser sa victime

Le président de la Cour Suprême indienne a proposé à un violeur présumé d'épouser sa victime.

En Inde, le président de la Cour Suprême a proposé à un violeur présumé d’épouser sa victime. Cette proposition a provoqué un tollé, et les défenseurs des droits des femmes ont rédigé une lettre ouverte contre la démission du juge.

Le fait

Le juge Sharad Arvind Bobde examinait lundi 1 mars une requête de mise en liberté sous caution d’un technicien du gouvernement accusé d’avoir violé une écolière. Bobde a déclaré au suspect: « Si vous voulez l’épouser, nous pouvons vous y aider. Sinon, vous perdez votre emploi et allez en prison« .

Donc, plus de cinq mille personnes exigent son démission pour avoir proposé ce choix. Les défenseurs des droits des femmes ont aussi rédigé une lettre ouverts contre la démission du juge.

En Inde, la victime est soumise à un traitement sexiste, pas le violeur

Les défenseurs des droits des femmes qui ont rédigé une lettre ouverte appelant à la démission du juge Bobde, signée par plus de 5200 personnes, a déclaré que, « En suggérant que ce violeur épouse la victime-survivante, vous, le juge en chef de l’Inde, avez cherché à (la) condamner à une vie de viol« .

Le bilan de l’Inde en matière de violence sexuelle fait l’objet d’une attention internationale. Depuis le viol collectif d’une étudiante dans un bus de Delhi en 2012 et morte des suites de ses blessures, le monde entier contrôle l’Inde. Cette affaire avait généré une vague de manifestations dans tout le pays et suscité une vive émotion. Les victimes d’agressions sexuelles doivent affronter un traitement sexiste. La police et les tribunaux du pays n’hésitent pas à encourager les victimes à épouser leurs agresseurs dans le cadre de solutions dites de compromis.

Le viol conjugal n’est pas un crime en Inde

Dans la lettre, les défenseurs font également mention d’une autre audience pour une affaire de viol conjugal. Dans cette affaire, le juge Bobde demandait si cette qualification était admissible au sein du mariage. Il se demande si on peut qualifier de viol l’acte de relations sexuelles entre un homme et une femme légalement mariés.

Le viol conjugal n’est pas un crime en Inde. « Ce commentaire autorise non seulement toute forme de violence sexuelle de la part du mari, mais il normalise aussi la torture que les femmes indiennes subissent depuis des années dans le cadre de leur mariage sans aucun recours légal », poursuit la lettre. Le juge Bobde n’a pas répondu aux auteurs de cette lettre.

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