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Ukraine : évacuation de trois localités

Les animateurs de ce direct comprenaient des personnalités telles que Marie Pouzadoux, Pierre Bouvier, Sandra Favier, Solène L’Hénoret et Marie Slavicek. Nos articles, analyses et rapports détaillés sur le conflit en Ukraine sont disponibles pour lecture.

De plus amples détails sont disponibles notamment sur comment l’Ukraine détruit des ponts en Russie, les négociations secrètes entre Moscou et Kiev conduisant à une impasse et les récents développements à la maternité de Pokrovsk en Donbass maintenant en territoire libéré.

Pour plus d’information, cliquez simplement sur un des liens. Un aspect intéressant du conflit est l’utilisation de drones par Moscou et Kiev. Le conflit des drones entre la Russie et l’Ukraine a augmenté de manière significative ces derniers mois. Un rapport par un think tank britannique spécialisé en défense mentionne que l’Ukraine perd environ 10 000 drones par mois sur le champ de bataille, ce qui dépasse 300 par jour. À titre de comparaison, l’armée française possède à peu près 3 000 avions télécommandés dans ses stocks.

La plupart des drones utilisés par les Russes et les Ukrainiens sont des petits véhicules aériens sans pilote d’origine civile, à faible coût et disponibles en grande quantité. Ils sont principalement utilisés pour l’observation du champ de bataille ainsi que pour la direction des troupes et des tirs d’artillerie. Certains sont également modifiés pour transporter de petites charges explosives qui sont lâchées sur les tranchées ou les véhicules blindés.

Les drones-kamikazes, bien que moins nombreux, jouent un rôle crucial sur le front. Equipés d’explosifs, ces UAV sont déployés au-dessus de la ligne de front sans instruction prédéfinie. Le gouvernement de Moscou se sert des Lancet-3 russes ainsi que des Shahed-136 iraniens. De son côté, l’Ukraine, qui ne dispose pas d’une flotte militaire conséquente, défie son ennemi avec des véhicules maritimes sans conducteur, de petits kayaks télécommandés armés d’explosifs (approximativement 450 kilos de TNT).

Les drones constituent à la fois pour les zkrainiens et les Russes un élément clé de leurs campagnes. Pour les utiliser à long terme, ces acteurs se sont armés en achetant massivement des drones civils sur le marché et en développant leurs capacités de production internes. Débutante lors de la guerre du Donbass, initiée il y a une dizaine d’années, l’industrie ukrainienne a depuis connu une croissance significative. Fin août, le ministre ukrainien de la transformation numérique a annoncé la création d’une réplique du drone russe Lancet, prochainement baptisé Peroun, le dieu slave de la foudre et du tonnerre.

La Russie, en revanche, est mise à mal par des sanctions occidentales entravant son approvisionnement en composants électroniques. Cependant, d’après les renseignements américains, Moscou aurait débuté la construction d’une usine dans la zone économique spéciale d’Alabouga pour produire des drones-kamikazes iraniens, semblables aux Shahed-136.

Quant aux stocks de missiles russes, leur état actuel est très difficile à déterminer, voire impossible. Les services de renseignements ukrainiens fournissent régulièrement des informations à ce sujet, mais leur fiabilité est douteuse.

Selon les déclarations d’Andri Ioussov, représentant de l’agence d’intelligence du ministère de la défense, citées par Liga.net, l’arsenal russe comportait 2 300 missiles balistiques ou de croisière avant la guerre et plus de 900 restaient en début d’année. En complément de ce chiffre, le représentant a précisé que des milliers de missiles antiaériens S-300, avec une portée d’environ 120 kilomètres, et un grand nombre de S-400, version plus moderne triplant la portée, sont en stock. Vadym Skibitsky, le second en commandement du GUR, avait estimé le nombre de missiles ayant une portée de plus de 500 kilomètres à 585 en août.

Concernant les capacités de production de Russie, elles seraient désormais d’une centaine de missiles balistiques ou de croisière par mois, d’après plusieurs experts. En octobre, le GUR a estimé cette production à 115 unités.

La Russie aurait également acquis des missiles à courte portée en Iran et en Corée du Nord et continuerait de s’en approvisionner. D’après l’agence Reuters, citant plusieurs sources iraniennes, 400 missiles iraniens de la famille Fateh-110 (300 à 700 kilomètres) ont été livrés à la Russie depuis janvier, moment où un accord aurait été signé. Le nombre de missiles provenant de la Corée du Nord achetés par la Russie est inconnu, mais 24 ont été tirés en Ukraine entre le 30 décembre 2023 et le 7 février 2024, selon le procureur général, Andriy Kostin. Les débris et les trajectoires analysés par les experts suggèrent qu’il s’agit probablement des modèles KN-23 et KN-24, ayant une portée d’environ 400 kilomètres.

Et pour ce qui est des chasseurs F-16 ?

Début août, l’Ukraine a accueilli ses premiers F-16, des avions de combat fabriqués aux États-Unis que Kiev avait sollicités depuis le début du conflit. Selon le commandant des forces armées, Oleksandr Syrsky, ces avions récents contribueront efficacement à sauver les vies des soldats ukrainiens. Ruslan Stefanchuk, président du Parlement, avait également salué l’arrivée de ces chasseurs qui peuvent améliorer significativement les capacités de l’Ukraine.

Cependant, le 30 août, l’état-major ukrainien a déclaré que l’un de ces avions s’était écrasé, entraînant le décès de son pilote, lors de la déviation d’une attaque missile russe intense sur le territoire ukrainien quelques jours auparavant. Depuis le lancement de l’invasion russe en février 2022, Kiev plaidait sans cesse pour l’approvisionnement en F-16 américains. En août 2023, le président américain Joe Biden avait approuvé le déploiement de ces avions en Ukraine, sans que les États-Unis fournissent leurs propres appareils.

D’ici 2028, Kiev espère recevoir 95 avions promis par ses alliés : trente de Belgique, vingt-quatre des Pays-Bas, vingt-deux de Norvège et dix-neuf du Danemark. En fin mai, la Suède s’est engagée à envoyer un appareil Awacs indispensable pour le recueil de renseignements et la coordination des opérations potentielles avec des F-16.

De plus, la formation des pilotes ukrainiens sur ces chasseurs américains est nécessaire. Onze pays alliés de l’Ukraine se sont engagés à former ces pilotes.

Quel soutien militaire ses alliés apportent-ils à Kiev ?

La situation deux années après l’escalade du conflit indique une diminution du soutien occidental à Kiev. Une réduction des aides récemment engagées a été observée de août 2023 à janvier 2024 par rapport à la même période l’année précédente, selon le dernier bilan de l’Institut Kiel dévoilé en février 2024. De plus, la difficulté du Sénat américain à faire passer des propositions d’aide et les entraves de l’UE à faire approuver un soutien de 50 milliards d’euros le 1er février 2024, suite à l’obstruction hongroise, pourraient prolonger cette tendance. Il est à noter que ces deux tranches d’aide ne figurent pas encore dans le compte rendu le plus récent de l’Institut Kiel qui s’est achevé en janvier 2024.

Le rapport de l’Institut allemand indique qu’un noyau de pays, composé des États-Unis, de l’Allemagne et des pays du nord et de l’est de l’Europe, semble être le principal donateur, promettant à la fois une aide financière conséquente et des équipements militaires de pointe. Le montant total des engagements des pays soutenant Kiev depuis février 2022 culmine à au moins 276 milliards d’euros, se répartissant entre l’assistance militaire, financière et humanitaire.

Sans surprise, ce sont les nations les plus riches qui se sont avérées les plus généreuses. Les États-Unis mènent largement la marche en tant que premiers donateurs, ayant annoncé une aide de plus de 75 milliards d’euros, dont 46,3 milliards dédiés à l’assistance militaire. Les pays membres de l’Union européenne ont quant à eux déclaré à la fois des aides bilatérales (64,86 milliards d’euros) et des aides collectives issues des fonds de l’Union européenne (93,25 milliards d’euros), pour un total de 158,1 milliards d’euros.

En évaluant les contributions par rapport au produit intérieur brut (PIB) de chaque pays donateur, le classement voit une refonte notable. Les États-Unis glissent au vingtième rang avec seulement 0,32 % de leur PIB consacré aux dons, bien loin de certains pays voisins de l’Ukraine ou d’anciennes républiques soviétiques amicales. L’Estonie émerge au sommet du classement des aides en proportion du PIB, donnant 3,55 %, suivie par le Danemark (2,41 %) et la Norvège (1,72 %). La Lituanie (1,54 %) et la Lettonie (1,15 %) complètent le top cinq. Les trois nations baltes, toutes limitrophes avec la Russie ou son alliée, la Biélorussie, figurent parmi les donateurs les plus prodigues depuis le commencement du conflit.
Dans ce classement basé sur le pourcentage du PIB, la France occupe la vingt-septième place, ayant consacré 0,07 % de son PIB, juste derrière la Grèce (0,09 %). L’aide fournie par la France a diminué de manière constante depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie – la France était vingt-quatrième en avril 2023 et treizième à l’été 2022.
Existe-t-il des informations sur les tensions à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne?

L’Ukraine et la Pologne ont connu des tensions dans leurs relations au cours des derniers mois, en raison principalement du transit des céréales venant de l’Ukraine. Pour aider à l’exportation et à la vente des produits agricoles ukrainiens sans frais douaniers vers l’Afrique et le Moyen-Orient, la Commission européenne avait instauré des « voies de solidarité » au printemps 2022. Cependant, selon la Fondation Farm, qui s’occupe de problématiques liées à l’agriculture mondiale, environ 50% des céréales de l’Ukraine passent ou finissent leur voyage dans l’Union européenne (UE). Ce qui est inquiétant, c’est que ces céréales ont un prix nettement inférieur à celui du blé cultivé dans l’UE, particulièrement dans les pays qui se situent en Europe centrale.

La Pologne, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie ont argué que l’introduction de ces céréales perturbe leur marché local et a un impact négatif sur le revenu de leurs agriculteurs. En conséquence, ils ont unilatéralement cessé leurs importations en avril 2023, une action que Bruxelles a acceptée à condition que cela n’entrave pas le transit vers d’autres pays et que cela ne dure que quatre mois. Cependant, Varsovie n’a pas levé son blocus sur les céréales ukrainiennes à la fin de l’été, arguant que le problème sous-jacent n’avait pas été résolu. De son côté, Bruxelles a affirmé que l’embargo n’était plus nécessaire car leurs études indiquaient qu’il n’y avait plus de déséquilibre sur les marchés nationaux de céréales.

Les fermiers en Pologne ont mis en place un blocus à la frontière polono-ukrainienne pour empêcher l’entrée de camions en provenance d’Ukraine dans le pays. Ils demandent l’instauration d’un « embargo total » sur les biens agricoles et alimentaires ukrainiens. Ils critiquent fortement la montée de leurs dépenses de production tandis que les prix sont en chute libre et que leurs installations de stockage sont débordées. Le leader ukrainien pensait au début de 2024 que l’obstruction de la frontière polonaise est un signe de la « détérioration de la solidarité » envers son pays et a demandé des négociations avec la Pologne. « Seule Moscou se réjouit » de ces discordes, a-t-il déclaré, en condamnant la « manifestation de slogans pro-Poutine flagrants ».

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