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« Biden veut restreindre l’asile pour migrants »

Joe Biden, le président des États-Unis, a pris un virage à droite en annonçant le mardi 4 juin qu’il allait fermer temporairement la frontière américaine avec le Mexique à chaque flux d’immigration clandestine. Cette décision a pour but de séduire certains électeurs pendant sa campagne pour conserver sa position à la Maison Blanche contre Donald Trump.

À 81 ans, le président démocrate signera un décret préparé depuis longtemps qui empêchera l’accès au système d’asile pour les migrants illégaux lorsque leur nombre dépasse 2500 par jour. L’ordonnance devrait également faciliter les déportations vers le Mexique, d’après les dires de la Maison Blanche.

« La sécurité des familles américaines est toujours la priorité de Joe Biden. C’est pour ça que le président annonce aujourd’hui des mesures sans précédent afin d’empêcher les personnes qui traversent illégalement la frontière sud d’accéder à l’asile », a annoncé Andrew Bates, un porte-parole de la Maison Blanche. Le président prononcera lui-même une annonce à 14 heures, heure locale (20 heures, heure de Paris), comme annoncé par la Maison Blanche.

Des officiels américains ont indiqué que les nouvelles restrictions devraient prendre effet immédiatement, car le nombre d’individus qui franchissent la frontière sans documentation valide dépasse déjà le seuil établi. « Nous prévoyons que la mesure sera appliquée dès que le décret sera signé », a informé un officiel américain qui a préféré rester anonyme. L’entrée des demandeurs d’asile serait à nouveau autorisée lorsque leur nombre diminuerait à 1500 par jour, selon les mêmes sources.
+ Cette une des politiques les plus restrictives.

La politique migratoire, considérée comme la plus restrictive adoptée par un président démocrate, rapproche Joe Biden de son prédécesseur républicain, Donald Trump. Les sondages indiquent que ce sujet est un facteur déterminant pour la réélection de Biden en novembre.

Trump, son rival républicain, a sévèrement critiqué ces déclarations, alléguant que le chef d’État américain a « totalement négligé [la] frontière du sud ». « Joe Biden prétend finalement s’attaquer au problème de la frontière – mais en réalité, c’est juste une façade car il sait qu’un débat aura lieu dans trois semaines », a-t-il posté sur son réseau de vérité sociale, se référant au débat télévisé contre Biden le 27 juin. De son côté, le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a qualifié cela de « poudre aux yeux ».

Trump insiste sur le fait que les immigrants illégaux sont à l’origine d’une vague de criminalité aux États-Unis. Cependant, ni les statistiques policières disponibles dans les grandes villes américaines, ni les études menées par des experts, ne confirment cette hypothèse. « Nous examinons constamment toutes les options pour tenter de résoudre les problèmes du système d’immigration, qui est défaillant depuis des décennies », a déclaré lundi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.

Un projet de loi prévoyant des financements pour renforcer la politique d’immigration, négocié pendant des mois au Congrès par les deux partis pour des projets d’aide à l’Ukraine et à Israël, avait été rejeté par l’opposition républicaine au début de l’année, a-t-elle rappelé.

Joe Biden est accusé d’être à l’origine d’une « invasion ».

Les actions entreprises peuvent provoquer l’indignation de la faction de gauche de son parti, compte tenu du fait que ce decret s’appuie sur une législation antérieure, employée sous la gouvernance de Trump pour barrer l’accès aux États-Unis aux citoyens de plusieurs nations islamiques. En toute circonstance, ces actions seront probablement contestées en justice.

En préparation pour l’élection présidentielle de novembre, les Républicains cherchent à positionner l’immigration comme le thème principal du débat, reprochant à Joe Biden d’être à l’origine d’une « invasion ». Donald Trump, qui a érigé des sections de mur à la frontière mexicaine durant son mandat, maintient un discours de plus en plus virulent envers les immigrants, les blâmant de « polluer le sang » du pays.

Dans la période de douze mois qui s’est terminée en octobre 2023, 2,4 millions d’individus ont été appréhendés à la frontière mexicaine, un chiffre sans précédent. En décembre, environ 10 000 personnes, poussées par la pauvreté et la violence en Amérique latine, franchissaient illégalement la frontière chaque jour. Ce chiffre a diminué depuis, mais la question reste problématique.

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