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« Associations alertent sur ‘nettoyage social’ olympique »

L’héritage des Jeux Olympiques de Vancouver en 2010 et d’Atlanta en 1996 demeure vivement dans les mémoires. Les sans-abri avaient été contraints de payer des amendes, les points de distribution de nourriture délocalisés à plusieurs kilomètres de distance, et une loi visant le déplacement forcé des indigents avait été mise en place. Le but était de ne pas laisser les sans-abri ternir l’image des Jeux olympiques. Y aura-t-il une purge sociale lors des jeux de Paris 2024, visant à disperser et rendre invisibles les sans-abri sans leur offrir un logement stable ?

C’est la peur exprimée par le collectif « Le revers de la médaille », qui réunit quatre-vingts associations, parmi lesquelles Médecins du monde, le Secours catholique et Action contre la faim. « Les choses s’accélèrent. Avant la fin de la trêve hivernale le 31 mars, nous avons vu une augmentation des expulsions et des interventions policières dans les futures zones de sécurité », déclare Paul Alauzy, porte-parole du collectif et coordinateur de la veille sanitaire à Médecins du monde.

Le 3 avril, la préfecture de police a procédé à l’évacuation d’environ une centaine d’individus sans papiers, principalement des familles avec enfants de la place de l’Hôtel de Ville, à Paris. Un bus a été prévu pour les loger dans un sas régional à Besançon. Seule une minorité a accepté d’être déplacée. Deux jours plus tard, les familles revenues sur les lieux ont été de nouveau expulsées. « Aucune solution n’a été proposée ».

Des actions incessantes sont orchestrées par les autorités avec pour objectif l’évacuation de camps habités par des mineurs isolés sur les rives de la Seine, sans leur donner la possibilité de trouver refuge ailleurs. Ceux-ci ont finalement investi la Maison des métallos, localisée dans le 11e arrondissement. « L’éviction continue de migrants isolés est une scène courante ces derniers temps, malheureusement sans solution en vue » déclare Nikolaï Posner, représentant de Utopia 56. À Bordeaux, un campement situé à une courte distance du stade destiné à accueillir des matchs de football a été vidé le 28 mars, à cause de son emplacement dans la zone de sécurité, comme le justifie la préfecture.

Il semble ardu à Paris de faire le lien entre ces évictions et la tenue des Jeux, car l’expulsion de camps de réfugiés est une coutume, comme l’indique un rapport récent du collectif Accès au droit. Toutefois, une augmentation importante de ces évictions est clairement en cours : sur un an, entre avril 2023 et mi-mars 2024, l’Observatoire des expulsions des habitats informels a enregistré 33 cas à Paris, alors qu’il n’y en avait que 19 sur la même période un an plus tôt.

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