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Sursis requis pour désarmement ETA basques

Deux interprétations différentes peuvent être tirées du procès récent de deux militants de la cause basque, Jean-Noël Etcheverry et Béatrice Molle. Selon la défense, la question posée est de savoir si une personne devrait être punie pour avoir effectué une action altruiste en utilisant des moyens illégaux. La perspective de l’accusation, en revanche, est de se demander si en faisant un pacte, même pour une raison louable, cela ne joue pas en faveur du mal.

Cela dit, en cherchant à désarmer ETA (Euskadi Ta Askatasuna), le mouvement indépendantiste armé basque, en dehors de tout cadre légal, le 16 décembre 2016 à Louhossoa (Pyrénées-Atlantiques), ces deux « faiseurs de paix » comme ils se présentent, ont-ils aidé à la survie d’un groupe terroriste en difficulté en lui offrant une sortie honorable? Ou ont-ils avancé de manière significative le processus de paix en ignorant la loi qui interdit à un citoyen de transporter ou de stocker des armes de guerre et des explosifs en grande quantité dans le but de les neutraliser? La tension entre le droit, la justice et la morale n’a jamais été aussi visible que pendant ces deux jours d’audience à la 16ème chambre correctionnelle de Paris, spécialisée dans les affaires de terrorisme.

Comme prévu, le Parquet National Antiterroriste (PNAT), par l’intermédiaire de sa procureur Aurélie Valente, a demandé des peines de prison avec sursis de deux et un an pour M. Etcheverry, 59 ans, surnommé « Txetx », connu comme militant au Pays Basque, et Mme Molle, 68 ans, journaliste à la retraite. Valente a également demandé une interdiction de cinq ans pour posséder une arme pour les deux accusés, mais n’a pas demandé leur inscription sur la liste des auteurs d’actes terroristes (Fijait). Valente a indiqué que ces peines étaient indulgentes.

Selon elle, l’aspect matériel du délit n’est pas contesté. La police a saisi les armes au domicile de Béatrice Molle à Louhossoa. Les armes, y compris les armes de poing, les mitraillettes, les roquettes, les fusils d’assaut, les explosifs, les chargeurs et plusieurs milliers de munitions destinées à être neutralisées, venaient d’être collectées. « On ne devient pas armurier ou pyrotechniste du jour au lendemain », a-t-elle réprimandé les accusés. Elle a toutefois insisté sur la seconde partie du délit relatif à l’intention de s’associer à l’ETA, même sans y être membre actif. L’ETA est en effet considérée comme une organisation dogmatique, sectaire, meurtrière et terroriste, responsable de la mort de 830 personnes et de milliers de blessés. Le reste de l’article est réservé aux abonnés.

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