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« Législatives 2024: Choc politique au travail »

« Suite à la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin, une grande confusion règne. De nombreux débats politiques se centrent désormais sur la sécurité, les personnes jugées nuisibles et les potentielles mesures de répression du Rassemblement national (RN). C’est ce que déclare Damien, un chauffeur de bus qui fait la navette entre la France et le Luxembourg et qui vit près de Longwy en Meurthe-et-Moselle. Celui-ci regrette l’augmentation des discours racistes et homophobes qu’il n’arrive pas à comprendre.

« Au dépôt, nous avons des employés originaires de toute l’Europe qui migrent tous vers le Luxembourg pour gagner plus d’argent », avance Damien. « Parmi les Français, certains gagnent net 3 800 euros par mois et ont toujours un problème avec les descendants d’immigrés qui, en France, gagnent à peine 1 400 euros. Ils semblent oublier qu’eux aussi traversent une frontière chaque jour. »

La dissolution de l’Assemblée nationale et l’annonce des élections législatives ont causé une véritable surprise parmi les travailleurs. Beaucoup sont restés incrédules lorsque cette nouvelle leur a été annoncée le lundi 10 juin. Benjamin, un employé à l’accueil d’une résidence universitaire, témoigne que tous se méfient mutuellement, se demandant qui parmi eux a pu voter pour le RN. »

D’après une étude menée par Ipsos, un employé sur trois en France votent pour le RN, avec une préférence plus importante dans le secteur privé (40 %) que celui du public (33 %), et plus de la moitié des ouvriers en font autant. C’est surtout le cas pour Hervé, un découpailleur de Franche-Comté, qui affirme voter pour le RN depuis deux ans et se sent désormais capable d’en discuter. Il se sent soutenu par une majorité de son usine qui souffre également et qui a voté pour Bardella.

Les discussions politiques sont de plus en plus courantes, que ce soit autour d’une machine à café, pendant la pause déjeuner ou après le travail. La loi du travail garantit la liberté d’expression des employés sur les sujets politiques. Cependant, un employeur a le droit de limiter ces discussions si elles interfèrent avec le travail à accomplir, en particulier s’il y a une interaction avec le public. Un employé peut être sanctionné pour des commentaires injurieux ou du prosélytisme, surtout s’ils nuisent au fonctionnement de l’entreprise.

Toutefois, s’intéresser aux élections législatives ne signifie pas nécessairement s’y engager de manière ouverte. La plupart des employés et fonctionnaires que Le Monde a interrogés rapportent plutôt un « silence radio » depuis le 9 juin, reflétant une atmosphère lourde et troublante, marquée par le malaise et l’inquiétude.

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