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« Cannes 2024: ‘Le Roman de Jim’ des Larrieu »

BIENVENUE À CANNES

Même si le Festival de Cannes a tendance à garder les informations confidentielles, les nouvelles finissent toujours par se faire entendre. Il y a, à Cannes, non pas un unique Thierry Frémaux, mais plutôt des centaines, chacun détenant le poste de délégué général de l’événement. Avec la croissance annuelle de ce nombre, chaque individu utilise le Festival comme une toile pour exprimer ses propres convictions. Nous-mêmes somme parfois fascinés par cette petite magie subversive. Par conséquent, nous avons intégré dans la compétition le nouveau film d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, un mélodrame poignant et bien interprété, ce qui est plutôt rare à voir. Rien d’étonnant à cela compte tenu de l’originalité de ces réalisateurs occitans qui ont été actifs dans le cinéma depuis plus de deux décennies. Ils se sont essayés à de nombreux genres tels que le drame campagnard polyamoureux (Peindre ou faire l’amour, 2005), le fantastique apocalyptique espagnol (Les Derniers Jours du monde, 2009), le thriller en montagne (L’amour est un crime parfait, 2013) et la comédie musicale spirituelle (Tralala, 2021). Nous soulignons ici leur sens pour la fantaisie et la construction existentialiste, leur respect pour l’intégrité du corps humains et leur talent pour créer un sentiment intense d’isolement et de paysage.

Ils ont maintenant commencé à travailler sur un mélodrame, y compris Le Roman de Jim. L’inspiration leur est venue de la lecture de l’œuvre homonyme de l’écrivain Pierric Bailly, du Jura. Il a publié le livre en 2021 chez P.O.L. Tout comme eux, il s’efforce de créer un universel à partir d’un territoire distinctif. À Saint-Claude, dans le Haut-Jura, Aymeric (interprété par Karim Leklou) essaie de se trouver à la phase préliminaire du film, se perdant un peu. Il est impliqué dans le cambriolage de maisons avec quelques autres cambrioleurs, pour se confronter surtout à la police et à la prison qui suit. Après sa sortie, une rencontre hasardeuse avec une ancienne collègue, Florence (jouée par Laetitia Dosch), le ramène sur le droit chemin.

Un peu perdue, enceinte de six mois, abandonnée par le père de son enfant, mais dotée d’une séduisante silhouette, Florence semble seulement attendre Aymeric. Elle a besoin de sa tendresse, de sa générosité et de sa capacité à donner et à recevoir de l’amour, à la fois comme amante et comme mère. L’histoire commence ici et durera plus de vingt ans sans que nous le sachions encore. Il est toujours complexe d’accomplir cela au cinéma, mais l’un des mérites principaux de ce film est la façon dont les Larrieu racontent leur histoire sur une si longue période, avec un sens de l’ellipse, du raccord à distance et de la fluidité narrative particulièrement remarquable.

Réinventer la vie.

Trois étapes significatives seraient présentes. La première consiste à aimer sans attente ni prédiction, telle est la leçon qu’Aymeric, qui alterne entre différents emplois temporaires, partage avec nous. Sa compagne, Florence, est infirmière et tous deux mènent une vie simple mais singulière dans une maison de campagne. Aymeric a accepté d’élever le petit Jim qui n’est pas son fils biologique, mais qu’il a vu grandir comme le sien, tout en respectant avec la mère de Jim, l’éventualité de l’existence d’un autre père biologique. Il y a des plans en cours.
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