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Relation distendue entre joueurs et médias

Au moment de révéler à la communauté globale sa décision de quitter le Paris Saint-Germain, après sept ans d’engagement fidèle, Kylian Mbappé n’a pas eu besoin de passer beaucoup de temps à déterminer la meilleure tactique à employer, de concert avec son équipe de communication. Sa vidéo de moins de quatre minutes, mise en ligne sur le compte X du joueur le 10 mai, a été vue presque cent millions de fois et partagée plus de 500 000 fois.

Le skipper de l’équipe de football française, qui participe depuis le 14 juin au Championnat d’Europe en Allemagne, n’a pas senti le besoin de se présenter pour expliquer ses motifs et discuter de son avenir dans les médias écrits, la radio ou la télévision. Il a utilisé ces quatre minutes de vidéo pour faire passer son message sur une plate-forme où il est plus visible. Cette méthode semble corroborer les paroles de Raymond Domenech, qui était le coach de l’équipe de football française de 2004 à 2010. Il avait déclaré à des journalistes lors d’une rencontre informelle en janvier 2007 : « Les joueurs n’ont pas besoin de vous. »

Cette réalité semble bien éloignée de l’époque où Michel Platini, dès l’annonce de son départ pour le club italien de la Juventus en 1982, expliquait sur le plateau de Téléfoot les raisons qui l’avaient incité à quitter la France. Philippe Tournon, attaché de presse de l’équipe de football française de 1984 à 2018 (avec une pause entre 2004 et 2010), soutient que depuis le triomphe des Bleus à l’Euro 1984, les rapports entre joueurs et journalistes ont connu une « révolution ».

Aucun rempart n’a été créé autour des Bleus.

Durant l’édition 1984 de l’Euro, l’image du reporter sportif fouillant les vestiaires à la quête de la moindre nouvelle était encore vivace. Le coach de l’équipe française, Michel Hidalgo, avait une demande simple pour ceux qui suivaient assidûment les « Bleus » : permettre aux joueurs une pause de dix minutes après les jeux pour décompresser et récupérer leur lucidité.

« Nous étions à la merci des journalistes, mais c’était agréable, se réjouit Alain Giresse, membre du célèbre quatuor magique de 1984. On discutait de football et parfois d’autres sujets. Je me rappelle que lors de la Coupe du Monde 1986 au Mexique, j’avais des conversations sur les récoltes de raisin avec des journalistes de la région de Bordeaux, dans les vestiaires après les matchs. » Entre chaque match, la presse avait un accès quotidien aux Bleus. Il était nécessaire de « passer commande » à Philippe Tournon, qui était en charge de les mettre en contact avec les joueurs demandés pour des entretiens approfondis sans restrictions préalables. Ce serait inconcevable de nos jours.

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