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« Hypothèse gouvernement technique France: leçons italiennes »

Au cours de la fin du Moyen Âge, lorsque les conflits factionnels menaçaient l’existence même de l’État, les cités italiennes utilisaient fréquemment une méthode unique de gouvernance. Un podestat, un juge indépendant et étranger au tumulte de la ville, était nommé de manière consensuelle pour une période limitée, généralement six mois à un an. Ce magistrat, avec tous les pouvoirs, mettait en œuvre les changements nécessaires, rétablissait l’ordre et favorisait une certaine cohérence. Après quoi, il était souvent rapidement renvoyé, permettant à la société de revenir à ses conflits internes, jusqu’à la prochaine crise.

Depuis les années 1990, l’Italie a été confrontée à des situations similaires plusieurs fois où sa stabilité et sa réputation internationale étaient menacées. Sa réponse a été largement similaire, relient sur des gouvernements techniques pour résoudre la crise. La question se pose désormais: cette approche atypique pourrait-elle être appliquée en France, surtout à l’heure où beaucoup redoutent une manque de majorité claire ou même une impasse institutionnelle après le second tour des élections législatives? La réponse reste incertaine.

La première occurrence d’un tel scénario a eu lieu en avril 1993, lorsque le président italien Oscar Luigi Scalfaro a passé le bâton de commandement au gouverneur de la Banque d’Italie, Carlo Azeglio Ciampi (1920-2016). L’Italie, secouée par le scandale sans fin de « Tangentopoli » (Opération « Mains propres » en français), qui avait éradiqué une classe dirigeante de démocrates chrétiens et de socialistes, manquait de leadership. Le pays devait être guidé vers des élections anticipées, prévues pour mars 1994. Cependant, moins d’un an plus tard, en janvier 1995, l’Italie se retrouvait à nouveau dans une impasse après la débâcle du premier gouvernement Berlusconi. C’est alors Lamberto Dini, un autre leader de la Banque d’Italie, qui fut sollicité. Pendant seize mois, Dini mena un gouvernement uniquement composé de technocrates et parvint à stabiliser les finances publiques, jusqu’aux élections suivantes qui propulsèrent le centre-gauche au pouvoir.
Appel à un rassemblement le plus vaste possible.

En novembre 2011, quinze ans après un épisode similaire, le président Giorgio Napolitano (1925-2023) fait appel à Mario Monti, économiste et ancien commissaire européen, dans un effort pour sauver l’Italie de la faillite. Le gouvernement Berlusconi, ayant perdu sa crédibilité à Bruxelles, est incapable de maintenir la stabilité financière du pays en pleine crise de l’euro. Le « spread » (l’écart de taux en français) avec l’Allemagne monte en flèche, les entreprises italiennes ne parvenant plus à s’endetter sur les marchés. Il est alors vital de restaurer la confiance des investisseurs et d’adopter les mesures adéquates. M. Monti, avec son équipe de techniciens, s’emploie à cette tâche jusqu’aux élections parlementaires de 2013. Après un début tumultueux, la situation se stabilise, mais les régulations d’austérité imposées au pays sont sévères, conduisant l’Italie à ne sortir de la récession qu’en 2014. Il reste 54,88% de cet article à lire, accessible aux abonnés uniquement.

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