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« Débat Législatives 2024: Attal, Bardella, Faure »

Avant la fin des élections officielles le vendredi soir, les représentants des trois plus importants partis politiques en France se sont affrontés lors d’un débat le jeudi 27 juin sur France 2. Olivier Faure, le secrétaire général du Parti socialiste (PS), représentait le Nouveau Front populaire (NFP), Gabriel Attal, le premier ministre et candidat du camp présidentiel, et Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN), ont discuté pendant deux heures.

Au commencement du débat, Gabriel Attal a souligné l’importance de l’exemplarité en politique tout en accusant Jordan Bardella de souhaiter marginaliser les trois millions et demi de Français binationaux. Bardella a confirmé lundi que les binationaux seraient écartés de certains emplois publics. Attal a affirmé que parmi les candidats du RN, plus d’une centaine, soit près d’un sur cinq, ont tenu des discours racistes, antisémites et homophobes. Bardella a rejeté ces affirmations à plusieurs reprises, les qualifiant de mensongères. Le sujet a provoqué une interruption de plus d’une minute lors du débat.

Olivier Faure a plaidé pour une relance économique basée sur la demande pour aider les petites et moyennes entreprises. Il a défendu une meilleure répartition des subventions publiques à ceux qui ont besoin de redémarrer la croissance économique. Selon lui, ce dont les PME manquent le plus, c’est de consommation populaire. De son côté, Gabriel Attal a fait remarquer que de fortes augmentations de salaires seraient trop coûteuses pour les entreprises.

Gabriel Attal est en faveur d’une hausse régulière des retraites, mais il considère que l’augmentation significative des salaires – comme le souhaiterait le NFP en proposant un salaire minimum de 1 600 euros – est irréalisable pour les entreprises étant donné que cela alourdirait leur charges. Ironiquement, il défie le plan économique de ses opposants en se demandant comment la réduction de tous les taux de TVA pourrait être financée sans augmenter les impôts, une idée à laquelle lui et Emmanuel Macron sont opposés.
D’autre part, Olivier Faure, qui reproche à Gabriel Attal d’avoir « épuisé les coffres de l’Etat », assume une augmentation des impôts pour « les ultra-possédants ». Cependant, il affirme ne pas vouloir que les Françaisà revenus moyens et faibles paient plus d’impôts.
Jordan Bardella est de nouveau critiqué sur la question de la double nationalité. Accusé de vouloir utiliser la peur en période électorale, il assure ne pas vouloir remettre en cause la double nationalité. Cependant, il estime que la possession de deux nationalités pose problème et nécessite un renforcement des contrôles, par exemple dans les domaines nucléaires ou de la sécurité nationale. Olivier Faure affirme que cette mesure discriminatoire ferait des binationaux des étrangers sur plusieurs générations.
D’autre part, Gabriel Attal a déclaré qu’on ne pouvait pas faire confiance à l’extrême droite concernant les droits des femmes.

Jordan Bardella se présente en tant que protecteur des droits des femmes, affirmant avoir l’intention de « garantir les droits et libertés de toutes les femmes en France ». Il prévoit également de « renforcer de manière significative l’échelle des peines » pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Le dirigeant du parti d’extrême droite a affirmé que « 75 % des violences commises contre les femmes dans la rue sont perpétrées par des étrangers ». Il ajoute ensuite qu’il souhaite « résoudre le problème de l’immigration pour mieux protéger les femmes dans l’espace public ». Olivier Faure lui a immédiatement rétorqué que « la réalité est que neuf viols ou agressions sexuelles sur dix sont commis par une personne proche ».

Après avoir rappelé les actions déjà entreprises par le gouvernement actuel, notamment les téléphones pour situation de grave danger, les bracelets anti-approche, et la lutte contre les pensions alimentaires non payées, Gabriel Attal a déclaré : « On ne peut pas faire confiance à l’extrême droite en ce qui concerne les droits des femmes ».

Selon Gabriel Attal, le moratoire sur l’éolien souhaité par le RN rendrait plus difficile l’approvisionnement en énergie pour les Français.

Les débatteurs ont rapidement abordé la question de l’écologie. « Si l’on veut agir pour l’environnement, il faut privilégier le circuit court », a déclaré Jordan Bardella, afin que les marchandises ne soient pas produites « à l’autre bout du monde » pour être consommées en France.

En ce qui concerne l’énergie, il voit le nucléaire comme la « pierre fondamentale » du mix énergétique français. « J’aimerais que M. Bardella nous dise ce qu’il entend faire des éoliennes », a poursuivi Olivier Faure. « Un moratoire », a répondu le président du RN, « car je considère que l’éolien n’a pas la même efficacité que, par exemple, la conversion des centrales à charbon en biomasse ».

D’après Gabriel Attal, il est essentiel de respecter l’accord de Paris de 2015 et de se lancer dans les « énergies sans carbone ». Il indique que le moratoire proposé par M. Bardella sur les éoliennes pourrait entraver l’alimentation énergétique des Français en attendant la mise en service de nouvelles centrales nucléaires. « Nous devons investir dans tout, le nucléaire et les énergies renouvelables », affirme-t-il.

Par contre, Olivier Faure du Nouveau Front populaire croit que son parti est le seul à préconiser un « changement de direction ». Il évalue que les générations futures hériteront d’un « fardeau nucléaire » impossible à rembourser. Pour cette raison, il explique que le NFP suggère l’allocation de 30 milliards d’euros par an pour la transition énergétique. Selon lui, la position du NFP consiste à conserver l’énergie nucléaire tant qu’elle est nécessaire pour approvisionner les Français en énergie, tout en respectant la souveraineté nationale.

Olivier Faure reproche à Jordan Bardella de véhiculer des préjugés qui associent l’homophobie à l’islam.

En ce qui concerne la lutte contre l’homophobie, Gabriel Attal a exprimé sa propre expérience – « J’ai vécu de l’homophobie, je la vis encore. Heureusement, j’ai un bon réseau de soutien. J’ai appris à me protéger », a déclaré le premier ministre – avant de plaider pour une « République inflexible lorsqu’il s’agit de discriminations ». Le premier ministre a rappelé que l’accès à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour toutes les femmes a été décidé sous la présidence d’Emmanuel Macron, une décision à laquelle le RN s’est opposé.

« Je tiens à remercier Gabriel Attal pour être le premier Premier ministre à afficher ouvertement son homosexualité – un exemple pour tous ceux et celles qui, évidemment, de nos jours… »

Olivier Faure a exprimé ses préoccupations envers la transphobie lors d’une des rares démonstrations d’amitié de la soirée entre lui et deux autres hommes. Il s’est exprimé de façon critique sur les déclarations récentes du Président concernant la possibilité de proclamer un changement de genre à la mairie, des commentaires qui ont été mal reçus par les associations LGBT+. Il a noté la souffrance de ceux qui se sentaient nés dans le mauvais corps de genre. Selon lui, personne ne devrait être considéré comme anormal en France. Il a indiqué que l’homophobie et la transphobie étaient en augmentation dans les pays gouvernés par l’extrême droite, en prenant la Hongrie comme exemple.

Jordan Bardella, en revanche, n’a pas directement traité la question. Il a déclaré que dans beaucoup de quartiers français, il est dangereux d’être juif, gay ou femme à cause de l’arrivée de personnes qui rejettent toute forme de diversité. Faure l’a directement réfuté, l’accusant de propager des idées préconçues qui équivalent l’homophobie et l’islam. Bardella a répliqué que si les couples homosexuels ne se tenaient plus la main en Seine-Saint-Denis, c’était à cause de ses amis du Hamas, alliés à la France insoumise. La journaliste Caroline Roux a finalement interrompu la dispute.

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