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« Législatives 2024: Rousseau, candidat, face confusion »

« Mars 2023, à l’Hôtel de Matignon – L’obscurité règne et Aurélien Rousseau, le chef de cabinet d’Elisabeth Borne, scrute les documents devant lui. « C’est sans issue », déclare-t-il, tout en calculant le nombre de voix parmi les parlementaires Les Républicains (LR) en faveur du vote de la controversée réforme des retraites. « En effet, c’est sans issue », fait écho Eric Ciotti, le président du LR, présent dans la salle. Autour de la table, des personnalités du macronisme se rassemblent, un ancien élève de l’ENA ayant travaillé au sein des gouvernements sous Hollande, un ex-communiste de son adolescence dans le Gard, et le député des Alpes-Maritimes qui avait exprimé sa préférence pour Eric Zemmour sur Emmanuel Macron en 2022. Le duo se retrouve désormais dans le même navire, se battant ensemble contre les manifestations populaires dirigées par les leaders de gauche.

Douze mois plus tard, tout est bouleversé. La trajectoire de ces deux hommes illustre l’éclatement rapide du paysage politique. La « clarification » souhaitée par l’Elysée, suite à la victoire du Rassemblement National (RN) lors des élections européennes et la dissolution de l’Assemblée, engendre un grand désordre d’étiquettes et de points de repère. Aurélien Rousseau, artisan de l’article « 49.3 » (un article de la Constitution autorisant l’adoption d’un texte sans vote parlementaire) qui a repoussé l’âge de départ à la retraite à 64 ans, est désormais en lice pour les élections législatives sous l’étendard du Nouveau Front populaire – une alliance qui vise à abroger la réforme des retraites. Eric Ciotti, quant à lui, a rejoint le RN de Jordan Bardella, qui a récemment reporté sa promesse de défaire la même réforme. »

Aurélien Rousseau plonge dans le combat des élections, le vendredi 14 juin, encouragé par le maire de Marseille, Benoît Payan, Olivier Faure le secrétaire national du PS, le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann et François Hollande. Son téléphone ne s’arrête pas de sonner, avec Eric Ciotti qui apparaît à l’écran. Le leader du parti LR, écarté par sa propre équipe, est diverti par leur engagement mutuel dans le radicalisme. Il y a dix jours, le député des Alpes-Maritimes tentait d’échapper à une sanction du gouvernement Attal, effrayé par la possibilité d’une « diagonale du fou » que Emmanuel Macron pouvait initier- une dissolution et son impact électoral.

Le choix de Rousseau n’a pas enchanté l’Elysée. Alexis Kohler, son ancien collègue avec qui il a partagé des déjeuners président-PM, a exprimé sa surprise. Rousseau riposte en pointant leur mutuelle incompréhension. Cet accusé, qui avait provoqué le mécontentement d’Emmanuel Macron en rejetant la loi sur l’immigration, déclare aujourd’hui : « J’étais de gauche en Macron, je n’ai jamais prétendu être un agent infiltré ». Il dit qu’il aurait finalement préféré diriger la réforme avec la CFDT de Laurent Berger plutôt qu’avec la droite. Raphaël Glucksmann à gauche souhaitait cet ancien ministre en désaccord avec la Macron, parfait pour donner à ses supporters plus de poids dans le jeu. Il a déclaré au conseiller d’Etat : « Nous avons besoin de sociaux-démocrates, tu dois donc être impliqué » malgré son hésitation initiale.

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