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« Mon city stade est-il macho? »

Chaque semaine, le mercredi soir et le samedi matin, Mathilde, Amélia, et Naomi se retrouvent sur le terrain du square Marcel-Sembat du 18e arrondissement de Paris, accompagnées de chasubles colorées et de ballons de basket. Elles sont des membres de l’équipe de basket-ball débutantes qui apprennent à attaquer, défendre et marquer sous le pâle soleil qui illumine le panier de basket. Depuis 2021, le Comxte Club (prononcé « comète club ») offre deux sessions d’entraînement de basket-ball exclusivement féminin à Paris, Saint-Ouen et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), supervisées par deux entraîneures femmes. Le club possède une philosophie de non-mixité, assurant un espace sécurisé pour les femmes d’après Marion Barthelat, la trésorière. La fondatrice, Carole Cicciu, note que l’objectif va au-delà du simple amusement et consiste en fait à progresser. Le samedi, à proximité des marchés aux puces de Saint-Ouen, les filles apprennent à établir des tactiques et à dribbler efficacement, peu importe leur niveau d’habileté. Selon leurs partages sur les médias sociaux, leur slogan résonne : « Un terrain à soi. »

D’après le centre Hubertine-Auclert, une organisation affiliée à la région Île-de-France qui lutte contre la discrimination sexuelle, 95 % des « city stades » sont actuellement dominés par les hommes. C’est cette réalité qui a incité Carole Cicciu à poser la question suivante : « Que se passerait-il si, chaque semaine, à la même heure, des femmes prenaient possession de ces terrains ? » Le résultat : seulement trois incidents en trois ans. « Le premier printemps, à Saint-Ouen, des adolescents refusaient de céder le terrain, malgré un document de la mairie indiquant notre créneau du mercredi soir », se rappelle la fondatrice du Comxte Club. « Ils nous ont suggéré d’appeler le responsable des sports pour confirmer nos propos ». Par pure coïncidence, celui-ci était aux alentours et est intervenu. « Quand ils ont vu l’officiel arriver, ils ont pris la fuite », raconte Carole Cicciu en riant. « La fois suivante, et depuis lors, nous avons échangé des salutations avec ces jeunes comme si rien ne s’était passé. »

Avec 45 membres, le club a vu son nombre de participantes doubler en une saison. Parmi elles, Amélia, 32 ans, qui a déjà joué au Paris Gazelles, une autre organisation qui poursuit le même objectif. « Il est essentiel que les filles et les garçons ne soient pas surpris de voir des femmes pratiquer dans les espaces publics », exprime Amélia, responsable d’une maison d’édition pour enfants. « Nos coéquipières se rappellent ne pas avoir été choisies dans les équipes à l’école », partage Marion, la trésorière, qui ne s’est jamais sentie à l’aise sur un « city stade ». « Chaque fois que j’ai voulu jouer et que les garçons ont pris possession du terrain, je n’ai tout simplement pas osé. »

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