×
google news

Guerre Ukraine: Situation Dimanche 7 Juillet

Parcourez l’ensemble de nos articles, enquêtes et études informatives concernant le conflit en Ukraine.
Les enquêtes, examens approfondis et explications du « Monde ».
À Lviv, aux côtés de recruteurs pour l’armée ukrainienne, nous constatons que les rues se vident à notre passage.
Les Ukrainiens sont arrivés à ce point de fatigue, semblable à celui qu’on ressent après un sprint, où on réalise qu’en fait, on doit courir un marathon : le conflit durera.
L’ex-ministre russe de la défense et le chef d’état-major font à leur tour l’objet de poursuites par le Cour pénale internationale.
Les élections législatives de 2024 : la guerre en Ukraine, est-elle oubliée par la campagne ?
La difficile refonte de la dette ukrainienne.
Nous répondons à vos interrogations les plus communes.
Comment Moscou et Kiev mettent-ils en œuvre des drones ?

Depuis quelques mois, l’affrontement des drones entre la Russie et l’Ukraine a atteint un niveau sans précédent. Selon un rapport, sorti en mai 2023 par un groupe de réflexion britannique spécialisé en questions de défense, les Ukrainiens perdaient environ 10 000 drones chaque mois sur le terrain de combat, soit plus de 300 chaque jour. Pour mettre ceci en perspective, l’armée française a un peu plus de 3 000 avions non pilotés dans ses stocks.

Les ukrainiens et les russes emploient principalement de petits drones (véhicules aériens non-pilotés, en anglais), d’origine civile, bon marché et largement disponibles. Ils sont utiles pour surveiller le terrain de combat et pour guider les soldats ou les tirs d’artillerie ; certains sont aussi déguisés pour porter de petites charges explosives, qui sont ensuite déposées sur des tranchées ou des chars.

Les drones-kamikazes, bien que moins courants, s’avèrent cruciaux aussi. Equipés d’explosifs, ces UAV sont déployés au-dessus des lignes de front sans cibles prédéterminées. La Russie emploie des drones locaux Lancet-3, et des Shahed-136 d’origine iranienne. En l’absence d’une flotte de guerre adéquate, l’Ukraine défie l’adversaire avec des véhicules maritimes non pilotés, de petits kayaks contrôlés à distance et chargés d’explosifs (450 kilos de TNT).

Tant pour les Ukrainiens que pour les Russes, les drones sont indispensables pour leurs opérations. Pour assurer un approvisionnement constant à leurs troupes, ils ont massivement acheté des drones civils sur le marché, et ont également mis en place des capacités de production locales. L’industrie nationale ukrainienne, qui avait du mal au début du conflit au Donbass il y a dix ans, a depuis gagné en puissance. À la fin août, le ministre ukrainien de la transformation numérique a annoncé la création d’une réplique du drone russe Lancet, qui sera bientôt lancée sous le nom de Peroun, le dieu slave de la foudre et du tonnerre.

Frustrée par les sanctions occidentales limitant son accès aux composants électroniques, la Russie a vu ses efforts de production gênés. Cependant, selon les renseignements américains, Moscou aurait commencer à construire un atelier dans la zone d’activité spéciale d’Alabouga, afin d’y produire des drones-kamikazes iraniens, comme les Shahed-136.

En ce qui concerne l’arsenal de missiles de la Russie, il est quasiment impossible de connaître l’état des stocks de l’armée russe. Les renseignements ukrainiens font de fréquentes déclarations à ce sujet, mais celles-ci ne sont pas toujours fiables.

D’après les propos d’Andri Ioussov, représentant principal de la direction du renseignement au sein du Ministère de la Défense (GUR), repris par Liga.net, l’armée russe possédait avant conflit 2 300 missiles, balistiques ou de croisière. Ceci sans compter plus de 900 qui dating du commencement de cette année. En supplément à ces chiffres, le représentant a également mentionné des dizaines de milliers de missiles antiaériens S-300 ayant une portée approximative de 120 kilomètres, et une grande quantité de S-400, dont la portée est trois fois supérieure à la précédente et qui est une version plus récente. Vadym Skibitsky, le deuxième en charge du GUR, a quant à lui donné le chiffre de 585 pour les missiles ayant une portée supérieure à 500 kilomètres, en août.

En termes de capacités production, plusieurs experts estiment qu’elles auraient augmenté à environ cent missiles balistiques ou de croisière par mois. Le GUR a interprété cette production en octobre et est parvenu au nombre de 115 unités.

En outre, la Russie aurait ajouté à son arsenal des missiles à courte portée provenant de l’Iran et de la Corée du Nord, et continuerait à le faire. D’après l’agence Reuters, qui fait référence à diverses sources iraniennes, 400 missiles iraniens de la famille Fateh-110 (de portée entre 300 à 700 kilomètres) lui auraient été remis depuis janvier, moment durant lequel un accord aurait été signé. Le nombre exact de missiles nord-coréens obtenus par la Russie reste indéterminé, mais il est connu que 24 missiles ont été lancés en Ukraine entre le 30 décembre 2023 et le 7 février 2024, fait rapporté par le procureur général Andriy Kostin. D’après l’analyse d’experts de débris et trajectoires, il se pourrait qu’il s’agisse de missiles KN-23 et KN-24, avec une portée approximative de 400 kilomètres.

Qu’en est-il des avions de guerre F-16 ?

Dans une réponse à une requête à long terme du président ukrainien, les États-Unis ont approuvé en août 2023 le transfert de chasseurs F-16 à l’Ukraine. Bien qu’il y ait plus de 300 F-16 répartis dans neuf pays européens, dont la Belgique, le Danemark, la Grèce, les Pays-Bas et le Portugal, tous ne sont pas en mesure de rendre disponnible immédiatement leurs chasseurs.

Volodymyr Zelensky a mentionné un chiffre de 42 F-16 promis à Kiev par les alliés occidentaux, cependant cette information reste à confirmer. De son coté, le Danemark a promis 19 appareils dont les 6 premiers ne seront livrés qu’à la fin de 2023. Huit suivront en 2024 et cinq en 2025, selon Mette Frederiksen, la première ministre danoise. Les Pays-Bas, qui ont également promis des avions, possèdent 42 unités mais n’ont pas spécifié combien ils prévoient d’en donner.

En outre, les pilotes ukrainiens doivent être formés pour ces chasseurs américains. Onze pays alliés de Kiev se sont engagés à former les pilotes. Selon l’OTAN, les soldats ukrainiens ne devraient être capables d’utiliser ces avions en situation de combat qu’au début de 2024, mais d’autres experts estiment que ce ne sera possible qu’à l’été de la même année.

Quel soutien militaire ses alliés fournissent-ils à Kiev ?

Deux ans après l’escalade du conflit, l’engagement de l’Occident envers Kiev semble affaiblir. Selon le dernier rapport publié par l’Institut Kiel en février 2024, le soutien financier a diminué entre août 2023 et janvier 2024 comparé à la période identique de l’année précédente. Cette réduction pourrait continuer, car le Sénat américain a du mal à approuver des fonds d’aide, et l’Union européenne (UE) a rencontré des obstacles pour adopter une assistance de 50 milliards le 1er février 2024, en raison d’un blocage de la Hongrie. Il faut préciser que ces deux paquets d’aide ne sont pas encore inclus dans le dernier bilan publié par l’Institut Kiel, qui s’arrête en janvier 2024.

Les chiffres de cet institut allemand révèlent une réduction et une concentration du nombre de donateurs, centrée autour d’un groupe de pays : les États-Unis, l’Allemagne et les pays du nord et de l’est de l’Europe. Ces pays promettent à la fois une aide financière importante et des armes de pointe. Depuis février 2022, les pays qui soutiennent Kiev se sont engagés à contribuer au moins 276 milliards d’euros sur les fronts militaire, financier et humanitaire.

Les pays les plus riches se sont avérés être les plus généreux en valeur absolue. Les États-Unis sont en tête de la liste des donateurs, avec plus de 75 milliards d’euros d’aide annoncés, dont 46,3 milliards en aide militaire. Les pays de l’Union européenne ont annoncé des aides bilatérales (64,86 milliards d’euros) et des aides collectives provenant des fonds de l’UE (93,25 milliards d’euros), soit un total de 158,1 milliards d’euros.

Lorsque l’on considère les contributions par rapport au produit intérieur brut (PIB) de chaque pays, la liste des donateurs change. Les États-Unis tombent au vingtième place (avec 0,32% de leur PIB), bien loin derrière des pays proches de l’Ukraine ou anciens états soviétiques. L’Estonie se hisse au premier rang avec 3,55% de son PIB, suivie du Danemark (2,41%) et de la Norvège (1,72%). La Lituanie (1,54%) et la Lettonie (1,15%) complètent le top 5. Avec des frontières auprès de la Russie ou de la Biélorussie, les trois pays baltes sont parmi les donateurs les plus généreux depuis le début du conflit.

En ce qui concerne le classement en fonction du pourcentage du PIB, la France se trouve à la vingt-septième place, ayant consacré 0,07% de son PIB, juste derrière la Grèce (0,09%). L’engagement de Paris a constamment diminué depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie – la France occupait la vingt-quatrième place en avril 2023, et la treizième en été 2022.

Qu’est-ce que nous savons sur les tensions à la frontière ukraino-polonaise ?

Les tensions entre l’Ukraine et la Pologne sont exacerbées depuis plusieurs mois, en grande partie due au transit de céréales ukrainiennes. Suite à la mise en place de « voies de solidarité » par la Commission européenne au printemps 2022, il est devenu plus facile pour l’Ukraine d’évacuer et de vendre ses produits agricoles, exemptés de droits de douane, vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Cependant, depuis le début de ces tensions, environ 50% des céréales ukrainiennes sont transportées ou finissent leur voyage dans l’Union européenne (UE), comme l’indique la Fondation Farm, un think tank spécialisé dans les questions agricoles mondiales.

Ces céréales sont vendues à un prix nettement inférieur à celui du blé produit dans l’UE, particulièrement dans les pays d’Europe centrale. Ainsi, plusieurs pays, dont la Pologne, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie, ont fait valoir que ces importations perturbent leurs marchés locaux et affectent négativement le revenu de leurs agriculteurs. En réponse, ils ont tous décidé en avril 2023 de bloquer unilatéralement leurs importations de céréales ukrainiennes. Bruxelles a accepté cet embargo à condition qu’il n’entrave pas le transit vers d’autres pays et qu’il ne dépasse pas une durée de quatre mois.

Cependant, Varsovie a choisi de maintenir fermée sa frontière aux céréales ukrainiennes à la fin de l’été, arguant que le problème initial n’avait pas été résolu. Bruxelles a contesté cette décision, affirmant que l’embargo n’était plus nécessaire car leurs analyses indiquaient qu’il n’y avait plus de déséquilibre dans les marchés nationaux des céréales.

Les fermiers de Pologne ont organisé un blocus à la frontière polono-ukrainienne, empêchant ainsi les véhicules ukrainiens d’entrer en Pologne. Ils demandent un « boycott total » des produits agricoles et alimentaires ukrainiens en raison de l’augmentation de leurs coûts de production pendant que leurs silos et entrepôts sont pleins et que les prix baissent. Le leader ukrainien, en début d’année 2024, a exprimé son point de vue sur le blocus, le qualifiant de « dégradation de la solidarité » envers l’Ukraine et a réclamé des discussions avec la Pologne. Il a également déclaré que « seule Moscou se réjouit » de ces tensions, faisant allusion à l’émergence de slogans favorables à Poutine.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire aussi

example 841
Actualité

Chef Lili Gadola: Trois Recettes Marseillaises

12 juillet 2024
Situé au cœur de la ville de Marseille, le restaurant Limmat donne une impression d'être au beau milieu des marches qui mènent vers l'effervescence du cours Julien. Acheté par la…
example 840
Actualité

« Six femmes mutilées découvertes à Nairobi »

12 juillet 2024
Une enquête a été lancée par la police kényane après la trouvaille de six cadavres féminins mutilés dans une décharge de Nairobi, la capitale, le vendredi 12 juillet. Bien que…
example 838
Actualité

« Bac 2024: Taux de réussite 91,4% »

12 juillet 2024
Après la session de rattrapage du baccalauréat 2024, 684 200 étudiants ont été admis, comme l'a indiqué le ministère de l'éducation nationale le vendredi 12 juillet. Le pourcentage d'élèves de…
example 835
Actualité

« Rouverture de la cathédrale de Rouen »

12 juillet 2024
Suite à l'incendie qui a éclaté sur le lieu de sa restauration, la cathédrale de Rouen a de nouveau accueilli le public le vendredi 12 juillet. « Les portes de…