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« Fessée dans ‘Le Monde’: Châtiment Décrié »

Est-ce que la fessée appartient au passé ? C’était l’objectif des législateurs lorsqu’ils ont adopté la loi « sur l’interdiction des violences éducatives courantes » le 10 juillet 2019, précisant que « l’autorité parentale doit être exercée sans violence physique ou psychologique ». Un plan louable. Mais qu’en est-il en réalité ? Selon le dernier baromètre de la Fondation pour l’Enfance sur les violences éducatives ordinaire, publié par l’IFOP le 6 juin, 24% des parents avouent avoir déjà donné une fessée à leurs enfants. En outre, au cours de la semaine précédant l’enquête, 21% des répondants ont secoué leur enfant, et 16% lui ont donné une gifle.

La fessée, maintenant considérée comme un acte punissable, reflète la relation que la société entretient avec les enfants. Le châtiment corporel a été toléré pendant longtemps. C’était un genre de rituel de passage envers l’enfance. Par exemple, lorsque ce terme a été utilisé pour la première fois dans Le Monde le 19 septembre 1945, par le poète, romancier et journaliste Henry Magnan. Il se trouvait à Marseille avec des soldats sur le point de partir pour l’Indochine. Lorsqu’il a été question du vaccin contre la fièvre jaune, dont l’injection est très douloureuse, un « jeune lieutenant joyeux avec de nombreuses décorations sur la poitrine » a déclaré : « Je me souviendrai de ça et de ma première fessée ! ». Une expérience désagréable mais nécessaire.

Le 24 mars 1960, Henri Pierre, un correspondant basé à Londres, remettait en question la persistance des punitions physiques dans les établissements éducatifs britanniques. Il se demandait alors si la punition par fessée ou le chevalet étaient des éléments inhérents à la culture britannique. Des spectacles télévisés populaires comme Whack’o et des films à succès comme Bottoms Up ont utilisé de tels incidents impliquant un proviseur et des étudiants indisciplinés pour le divertissement des spectateurs. Cependant, Pierre soulignait que ces coutumes n’étaient pas exclusivement britanniques.

Tous les enfants, y compris la royauté, étaient touchés par cette pratique. Le 21 juin 1963, Pierre a rapporté un incident surprenant impliquant le futur roi Charles III. On avait aperçu le prince Charles, âgé de seulement 14 ans, dans un bar de Stornoway, dans les Hébrides, en train de boire du sherry. Cela a provoqué des spéculations dans les médias britanniques sur la nature de la punition qui lui serait imposée. Faudrait-il lui infliger une fessée traditionnelle ou une simple punition comme des devoirs supplémentaires et la révocation des permissions de sortie ? Le journaliste du Monde avait sa propre opinion sur la question, souhaitant peut-être que, par respect pour la tradition, la réputation de la Grande-Bretagne et le prestige de la famille royale, le prince Charles reçoive une « correction ».

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