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« Sara Mesa, une auteure et fille d’un despote familial »

La sensation d’être interrogée rend nerveuse, Sara Mesa, l’éminente écrivaine espagnole, tout comme feu David Foster Wallace, le romancier américain célèbre. « Les entrevues me posent problème. Elles sont rares pour moi, et quand elles se produisent, elles sont toujours déconcertantes. On me pose des questions comme si j’étais un enfant qui passe un examen, devant être altruiste, captivant et modeste », a-t-elle révélé dans une conversation rieuse avec « Le Monde des livres » depuis sa maison aux abords de Séville. Malgré une vingtaine d’ouvrages publiés, de multiples récompenses et une traduction de son livre précédent, Un amour (Grasset, 2022), en plusieurs langues, elle n’a jamais pu s’y habituer. Elle demeure l’un des auteurs les plus respectés de son pays.

La Famille, son dernier livre commence ainsi, avec un enfant sous le regard réprobateur d’un adulte. Son personnage principal, Martina, une fillette tout juste adoptée par son oncle et sa tante suite au décès de ses parents, est réprimandée par son nouveau père. Et pour quelle faute ? Elle a acquis un cahier verrouillable pour y écrire un journal secret. « Il n’y a pas de secrets dans cette famille », sermonne l’homme en public, le priant instamment de ne pas utiliser la clé du journal, prétextant qu’elle doit faire confiance à ses parents et ses trois frères et sœurs. Elle abandonne donc l’idée d’exprimer ses émotions par écrit.

Le monde de l’enfance, souvent perçu comme idéalisé alors qu’il est loin d’être idyllique, et la formation de la personnalité future d’un individu dans un environnement familial hermétique sont des thèmes centraux de l’œuvre de cette romancière. Dans les différents univers qu’elle dépeint, caractérisés par leur retrait de la société, la romancière Sara Mesa met en lumière les tensions sous-jacentes, une sensation d’oppression, de claustrophobie et de violence latente.

Dans son roman « Quatre par quatre » (Rivages, 2015), elle nous plonge dans l’atmosphère étrange et tragique d’un internat huppé. « Cicatrice » (Rivages, 2017) nous introduit à une relation virtuelle opaque entre un homme et une femme, une relation qui devient étouffante lorsque l’homme commence à gâter la femme de présents et cherche à contrôler sa vie. Son roman le plus vendu, « Un amour », évoque une femme sous l’influence d’un homme au sein d’une petite communauté rurale à peine arrivée, observée par les autres résidents, y compris par son propriétaire indiscret. Comme elle l’explique, « causer du tort à ses proches, même en essayant de les protéger du monde extérieur, est un fil conducteur dans tout ce que j’écris ».
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