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« Contestation du nouveau musée québécois »

Le premier ministre du Québec, François Legault (Coalition Avenir Québec, nationaliste, centre-droit), a dévoilé le 25 avril dernier son projet de créer le tout premier « musée national de l’histoire du Québec ». Le plan est de construire une institution qui renforcera la fierté des Québécois en leur histoire et leur identité. Le musée sera hébergé dans le bâtiment en rénovation du pavillon Camille-Roy du Séminaire de Québec, le site de la première université de la Province en 1852. L’ouverture est prévue pour le printemps 2026.

François Legault a déclaré lors de l’annonce du projet dans la capitale provinciale que le Québec a une histoire riche qui a commencé il y a quatre siècles avec les explorateurs Cartier et Champlain, les fondateurs de la nation. En adoptant le rôle d’un conservateur de musée, le premier ministre a expliqué en détail ce qu’il envisage pour l’institution à venir. En effet, le musée rendra hommage à de grandes figures historiques, incluant certaines femmes qui ont contribué de manière significative à l’histoire québécoise. Par exemple, des pionnières telles que Jeanne Mance, qui a fondé le premier hôpital à Montréal dans les années 1642, et Marie de l’Incarnation, une missionnaire du XVIIe siècle qui a consacré sa vie à l’éducation des jeunes filles et à l’évangélisation des peuples autochtones.

Il a répertorié diverses figures ayant marqué l’identité québécoise. Citant des artistes comme Gilles Vigneault, Robert Charlebois et Céline Dion, des auteurs comme Michel Tremblay et Danny Laferrière, des sportifs, ainsi que des entreprises emblématiques telles que Bombardier et HydroQuébec, emblèmes de la prospérité économique de la province. Cependant, il n’a fait qu’une brève mention de la contribution des peuples autochtones, préférant mettre l’accent sur l’importance de célébrer particulièrement la langue française; un exploit notable de conservation, dans un contexte où un océan anglophone les entoure.

Dès l’annonce du nouveau projet muséal, une critique sévère a jailli de la communauté des historiens du Québec. Camille Robert, enseignant au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal, le qualifie de retour à une ancienne narration nationale, dépassée et en contradiction flagrante avec les approches contemporaines en histoire et en muséologie. Catherine Larochelle, professeure d’histoire à l’Université de Montréal, renforce ce sentiment en ajoutant que cette perception de l’histoire est non seulement obsolète, mais potentiellement nocive. Dépeindre l’histoire uniquement autour d’une culture et d’une langue françaises nourrit un sentiment d’identité en total déphasage avec notre identité collective actuelle.
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