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« Nathalie Heinich: La gauche n’est plus nôtre »

Quelques heures ont simplement suffi pour nous faire sentir comme les orphelins dans le roman de Hector Malot, isolés sans aucune appartenance politique.

Qui sommes-nous? Tous ceux qui composaient autrefois la grande famille des Français, dévoués non seulement à nos valeurs républicaines traditionnelles – la démocratie, l’universalisme, la laïcité, la raison, la liberté d’expression et la foi en nos institutions protectrices -, mais également aux valeurs progressistes que représentent la lutte contre les inégalités, l’appui aux démunis et le combat contre le racisme et l’antisémitisme.

Cette famille a longtemps été fidèle à une social-démocratie réformiste, de gauche ou de centre-gauche. Bien qu’ayant été amoindri par l’effet dévastateur de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), ce groupe a commencé à regagner du terrain durant les élections européennes grâce au programme de Place publique, soutenu par le Parti socialiste (PS). Malheureusement, notre récovery s’est échoué dans le sable d’un désert.

Cette débâcle est survenue suite à l’ascension surprenante de l’extrême droite, la décision énigmatique du président de dissoudre l’Assemblée, et les actualités électorales récentes qui ont encouragé le responsable du PS à unir ses forces avec une coalition dirigée par un parti, la France insoumise. Cependant, ce parti a perdu son crédit au fil des années parmi les citoyens sensés, et spécialement ceux qui considèrent l’antisémitisme comme une ligne rouge indépassable, qu’ils soient juifs ou non.

Un parti politique qui déforme la vérité, calomnie, et manipule les paroles ; un parti qui a apporté son soutien aux dictateurs les plus inhumains uniquement parce qu’ils sont contre les Américains ; un parti dont les politiques économiques et sociales associent audacieusement l’impraticabilité et la populisme ; un parti dont le leader, ignorant la réalité, vient de prétendre que l’antisémitisme est « épisodique » en France ; un parti qui affirme, à tort, que la laïcité est « islamophobe » et qui, sous prétexte de dénoncer un massacre terrifiant, crie au « génocide ». En ignorant la véritable signification des mots, ce parti cherche à gagner les faveurs des Frères Musulmans et leurs bases d’électeurs.

Un éléphant cache dans la salle

Dans une chronique dans Le Monde, le sociologue Michel Wieviorka attribuait à une « radicalité républicaine » le danger de briser le « pacte républicain » face à la « radicalité nationaliste » de l’extrême droite, en tenant compte de la volte-face des partis extrémistes face à l’antisémitisme. Il ne réalise pas que la première raison pour laquelle les électeurs traditionnels de gauche se déplacent, réside principalement dans la radicalité de l’extrême gauche, ce fameux éléphant que ceux qui appellent encore à l’union de la gauche refusent de voir. Ainsi, la portion radicale de la gauche n’a gardé que le nom, après avoir abandonné ses valeurs fondamentales.

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