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Crise Coréenne avant l’élection américaine

Les disputes croissantes au sein de la péninsule coréenne minent les protections établies par les deux nations pour éviter l’affrontement direct. Presque chaque jour, des incidents se produisent, comme l’illustre l’incursion d’environ vingt soldats nord-coréens dans la Zone démilitarisée (DMZ qui divise les deux Corées) le dimanche 9 juin, qui ont rapidement regagné leur territoire après des tirs d’avertissement des militaires du Sud. Ce même jour, Kim Yo-jong, soeur du dirigeant Kim Jong-un et principal architecte de la diplomatie à Pyongyang, menaçait le Sud de « représailles supplémentaires » si ce dernier ne « stoppait pas immédiatement ses actes provocateurs ».

En réponse à l’envoi de déchets par Pyongyang, Séoul a réactivé de grands haut-parleurs qui diffusent à haut volume des informations mondiales et de la K-pop vers le Nord. Ces tactiques datant de la « guerre psychologique » lancée pendant la guerre de Corée (1950-1953) sont remises en jeu au fur et à mesure que les tensions augmentent entre les deux pays voisins, comme c’est le cas actuellement. Même Washington exprime des inquiétudes face à cette escalade, craignant une « surprise d’octobre » – une provocation plus sérieuse de la part de Pyongyang, qui pourrait avoir un impact sur l’élection présidentielle américaine, le 5 novembre.

L’arrêt des envois de ballons de propagande faisait partie du réchauffement des relations commencé en 2018, symbolisé par la signature d’un accord par le leader Kim Jong-un et le président Moon Jae-in (2017-2022). Cet accord comprenait notamment la mise en place de zones de sécurité et envisageait la démolition de bases militaires le long de la DMZ, dans le but de « prévenir les incidents non intentionnels ». Toutefois, ce climat apaisé a vite pris fin suite à l’impasse du sommet entre les États-Unis et la Corée du Nord en février 2019, durant l’administration Trump, le Nord reprenant ses actions provocatrices. Le rythme s’est intensifié après l’assaut de l’Ukraine par la Russie en 2022, avec un soutien marqué de la Corée du Nord, accusée par Washington de fournir des munitions à l’armée russe et de cautionner l’annexion de territoires ukrainiens par Moscou.

Abandon de la perspective d’une réunification pacifique

Elu en 2022 avec un programme prônant une ligne dure face au Nord, le président conservateur Yoon Suk Yeol a rompu avec la politique d’apaisement initiée par son prédécesseur. En novembre 2023, Pyongyang a déclaré qu’il allait « relancer toutes les opérations militaires dans la zone démilitarisée », rendant de ce fait caduque l’accord de 2018.

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