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« Survie de la réorientation sociale européenne? »

Au cours de la campagne électorale pour l’Union Européenne, les partis politiques extrêmes, tant à droite qu’à gauche, pointent du doigt l’Europe néolibérale comme étant à l’origine des problèmes quotidiens et des régressions sociales dont les citoyens français sont victimes. Tandis que le groupe Renaissance et ses partisans, ainsi que les Républicains, vantent les « réformes » et la mise à l’écart des partenaires sociaux comme étant un moyen de moderniser la France et de la faire correspondre à une norme continentale. Bien que les idées politiques diffèrent, la description de l’Union européenne faite par la plupart des partis est étonnamment unifiée.

Cependant, le 11 mars à Bruxelles, le gouvernement belge célèbre. Il en est de même à la Commission. Une atmosphère de victoire se dégage de la Confédération européenne des syndicats. Ce n’est pas seulement dû à une grève massive des transports publics belges prévue pour le lendemain – comme on peut le voir en France…

En fait, le Conseil européen vient d’approuver une proposition de directive sur les travailleurs de plateforme sous la présidence belge, ce qui constitue le dernier obstacle avant son adoption. Une fois transposée dans les lois nationales, les travailleurs de plateforme bénéficieront d’une présomption réfutable d’être des salariés, ce qui représente une avancée sociale significative dans l’économie dite « collaborative ». Le gouvernement français, dont la position est considérée comme « idéologique » à Bruxelles, se retrouve du côté des perdants.

Malgré l’opportunité de bloquer le projet dans la matinée, la France a choisi une autre voie. L’Allemagne, de par son abstention équivalente à un non, offrait une fenêtre d’opportunité. Au sein de la coalition, les sociaux-démocrates et les Verts à Berlin n’avaient pas réussi à persuader les libéraux. L’Estonie et la Grèce étaient également dans cette opposition minoritaire. Toutefois, ces pays ne voulaient pas être catalogués comme des « idéologues » et ont donc rejoint la majorité dans l’après-midi.

Cette directive n’est que le prolongement d’un changement de cap dans la stratégie de l’UE. La précédente, issue de la crise de 2008, qui préconisait une discipline budgétaire stricte et la concurrence entre les États membres, a été mise en suspens pendant la crise du Covid-19 et s’est trouvée confrontée à un déclin de la productivité par rapport aux États-Unis. Depuis la fin de la présidence française du Conseil de l’UE en juin 2022, les nouveaux mots d’ordre sont « coordination des politiques salariales », « investissement social » et « dialogue social ».

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