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« Emilienne Malfatto: Explorer le monde, voix disparus »

Choisir de détester son lieu de naissance peut avoir un côté bénéfique, cela peut inciter à explorer d’autres contrées pour y mettre à jour son art à l’écart des visages trop familiers ou hostiles. Cela a été le cas de Rimbaud qui a délaissé Charleville et de Stendhal qui a renié Grenoble. Emilienne Malfatto suit leurs traces. Elle est née en 1989 à Haute-Loire (elle souhaite garder le nom du lieu secret) et a décidé de voyager et d’écrire à sa majorité. « C’était un peu difficile d’être différente », se confie-t-elle modestement au « Monde des livres », journaliste, auteure et reporter photo, lors d’une visite récente à Paris. Après avoir reçu un prix à Venise pour l’ensemble de son travail, elle a rapidement repris la route pour Montpellier, où elle réside actuellement, proche de sa région d’adoption, les Cévennes.

Emilienne Malfatto a pris son envol il y a seize ans et aujourd’hui, elle peut se vanter d’avoir une vie pleine d’aventures comme auteure. En 2021, elle a remporté le prix Goncourt du premier roman pour « Que sur toi se lamente le Tigre » (Elyzad), une histoire explorant l’assassinat d’une jeune femme tombée enceinte hors mariage en Irak. La même année, son livre de reportage « Les serpents viendront pour toi » (Les Arènes), une enquête captivante sur le meurtre d’une défenseuse des droits sociaux en Colombie, lui a valu un prix Albert Londres. Toujours aussi fougueuse, Malfatto dévoile son quatrième ouvrage intitulé « L’absence est une femme aux cheveux noirs », une promenade littéraire captivante sur les pas des disparus de la dictature militaire en Argentine (1976-1983) et leurs progénitures.

Emilienne Malfatto, une journaliste dynamique de la trentaine, s’étonne de sa propre trajectoire professionnelle. Elle admet avoir eu de la chance d’exercer ce métier. Ayant obtenu son baccalauréat à 18 ans, elle se dirige ensuite vers la Colombie. C’est dans ce pays, qu’elle considère désormais comme sa seconde patrie, qu’elle découvre le journalisme lors d’un stage à El Espectador, un important quotidien local. Après être revenue en France pour suivre une formation à l’école de journalisme de Sciences Po, elle est engagée par l’AFP et affectée en poste à Chypre, au bureau Afrique et Moyen-Orient. Son arrivée coïncide avec l’autoproclamation du califat de l’Etat islamique, en mai 2014. Un mois plus tard, elle est envoyée en Irak, en pleine guerre, où elle développe une passion pour le pays. Lorsque son CDD de huit mois se termine, elle refuse un poste à Washington pour rester en Irak, en tant que travailleuse indépendante. Elle estime que c’est le moment idéal pour se rendre sur le terrain. Le reste de l’article est accessible aux abonnés, soit 75.91% du contenu total.

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