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« Défaites lourdes pour Conservateurs anglais »

Les élections locales, qui se sont déroulées en Angleterre le jeudi 2 mai dernier, ont mis en lumière ce que les sondages britanniques indiquent depuis un an et demi. En dépit des tentatives de Rishi Sunak, le Premier ministre, pour récupérer sa crédibilité, les Conservateurs n’ont pas encore réussi à se remettre des scandales de l’époque de Boris Johnson et de la gestion désastreuse de Liz Truss. Mécontente, la population se dit prête à accorder sa confiance au Labour bien que celui-ci ne les enchante pas spécialement.

L’échec des conservateurs est flagrant avec une perte de près de 500 sièges de conseillers municipaux à travers l’Angleterre. Ce revers est d’autant plus préoccupant pour le parti, qui dirige depuis quatorze ans, car il régresse partout, y compris dans les zones ‘bleues’, où il bénéficiait d’un appui fort, dans le sud de l’Angleterre.

Les conservateurs ont perdu le contrôle du conseil municipal de Basildon, un bastion de droite depuis des années, à l’est de Londres. Leur défaite à Blackpool, dans le nord-ouest, et à Hartlepool, dans le nord-est, est également significative. Ces régions, anciennement connues sous le nom de « Red Wall », sont des zones déshéritées du centre et du nord de l’Angleterre qui ont traditionnellement penché à gauche et qui avaient favorisé le Brexit lors du référendum de 2016. Elles avaient aussi soutenu Boris Johnson lors des élections générales de 2019, mais il semble que cette relation se soit dissipée.

Andy Street, le maire des Midlands de l’Ouest, une des régions les plus pauvres et les plus jeunes de l’Angleterre, comprenant les villes de Coventry et Birmingham, a subi une défaite probablement la plus dure. Ce conservateur modéré, qui avait voté contre le Brexit en 2016, a perdu de justesse face à Richard Parker, un novice en politique et ancien auditeur de PwC, représentant du parti Labour.

Street, l’ex-PDG des grands magasins John Lewis, était en poste depuis deux mandats. Tout au long de la campagne, il s’est efforcé de se distancer des conservateurs, affirmant au Monde en avril : « Je suis conservateur, mais ma loyauté va d’abord aux gens des Midlands de l’Ouest. Je ne suis pas contrôlé par le parti, je suis indépendant ». Cependant, l’impopularité des tories l’a finalement rattrapé.

Le Labour, quant à lui, conserve Londres. Après le dépouillement à Birmingham le samedi 4 mai, le leader du Labour, Keir Starmer, s’est réjoui d’un « résultat phénoménal », qui a « dépassé nos attentes ». Il a déclaré : « Le Labour a changé, il est prêt à servir à nouveau les travailleurs et à gouverner. (…) Le parti va tourner la page de quatorze ans de déclin conservateur et inaugurer une décennie de renouveau national. Le changement commence aujourd’hui ». Starmer, 61 ans, pourrait bien être à Downing Street avant la fin de 2024. Enfin, la seule lueur d’espoir pour Rishi Sunak : son parti a réussi à conserver le poste de maire de Tees Valley dans le nord-est de l’Angleterre, où Ben Houchen, un conservateur réputé pour son dynamisme, a réussi à décrocher un troisième mandat consécutif.

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