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Société française et conflit Proche-Orient

Ce pays est en train de spiraler vers le chaos qu’il craint. En pleine élection européenne, des militants politiques et syndicaux sont confrontés à des accusations et des convocations pour « apologie du terrorisme ». Les conférences universitaires, voire les rassemblements politiques, sont interdits. L’occupation de Sciences Po à Paris, ainsi que l’effervescence des médias et des réseaux sociaux, témoignent de l’intrusion du conflit israélo-palestinien dans les domaines politiques, sociaux et médiatiques en France.

Mardi 23 avril, Mathilde Panot, la présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, a été convoquée par la police dans le cadre d’une enquête pour « apologie du terrorisme ». Cet événement a marqué le summum de deux semaines durant lesquelles le conflit du Moyen-Orient a façonné la société française, ravivant des divisions sous-jacentes mais déjà profondes. La transplantation des tensions du conflit, largement redoutée et préemptivement critiquée par les pouvoirs en place suite aux massacres du 7 octobre 2023, semble bel et bien réalisée. Rétrospective de deux semaines cruciales.

Le vendredi 12 avril, trois associations, dont l’Association des Palestiniens de France, appuyées par six avocats, ont porté plainte contre un soldat franco-israélien pour « tortures, complicité de tortures et crimes de guerre » à Gaza. Leur plainte repose sur une vidéo diffusée sur Telegram, montrant un prisonnier palestinien, les yeux bandés, le torse dénudé et le dos sûrement lacéré. En français, le soldat commente la scène de manière ironique et se vante de la torture infligée. D’après les informations recueillies par Le Monde, une cinquantaine de plaintes pourraient être lancées contre des citoyens bi-nationaux servant dans l’armée israélienne.

Quant aux « déclarations excessives » de Jean-Luc Mélenchon…

La semaine prochaine, l’université de Lille sera le théâtre d’événements liés au conflit en cours, avec une réunion prévue sur « l’actualité en Palestine » le 18 avril, menée par Jean-Luc Mélenchon et l’avocate franco-palestinienne Rima Hassan, qui est également en septième position sur la liste des candidats « insoumis » pour les élections européennes. Toutefois, cette annonce est critiquée par le député socialiste de l’Essonne, Jérôme Guedj, qui remet en question la mise en avant de seulement un pays selon lui, effaçant ainsi Israël, dans l’affichage de la conférence.

Face à cette controverse, l’administration de l’université juge que les conditions nécessaires pour assurer le calme des débats ne sont plus en place et décide d’annuler la conférence. Cette décision provoque la colère de Mélenchon qui, en comparant le président de l’université de Lille à Adolf Eichmann, ancien nazi, soulève un tollé général. Sa réaction est sévèrement critiquée par ses alliés de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (Nupes), y compris par le leader communiste Fabien Roussel qui stigmatise son discours excessif, décrédibilisant l’ensemble.

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