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« Arizona: Abolition d’une loi anti-avortement de 1864 »

Le thème de l’avortement, qui occupe une place centrale dans la campagne présidentielle avant les élections de novembre aux Etats-Unis, pourrait connaître une nouvelle volte-face. Mercredi 24 avril, la Chambre des représentants de l’Arizona a voté pour l’abolition d’une loi datant de 1864, qui proscrivait presque tous les avortements. Cette loi avait été jugée applicable il y a deux semaines par la Cour Suprême de cet État, crucial sur le plan électoral. Si le Sénat de l’Arizona suit cette voie comme prévu, l’Arizona pourrait autoriser l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à 15 semaines.

Trois républicains modérés et 29 démocrates ont réussi à obtenir une majorité pour abolir cette loi, laquelle interdit tout avortement dès la conception à moins que la vie de la mère soit en danger. Les cas de viol et d’inceste ne sont pas considérés comme des exceptions valides selon la loi abolie, qui a suscité un large débat national, et a été dénoncée par Joe Biden et critiquée plus modérément par Donald Trump.

Bien qu’elle soit restée inactive depuis des décennies, la Cour Suprême d’Arizona a déclaré que cette loi est désormais applicable lors de sa décision rendue le 9 avril. La loi était bloquée depuis l’arrêt Roe vs Wade de la Cour suprême des États-Unis en 1973, qui garantissait le droit constitutionnel à l’avortement à travers le pays. « Une tache sur notre Etat ».

Suite au renversement de la jurisprudence de la Cour qui a éliminé en juin 2022 cette protection fédérale du droit à l’avortement, Mark Brnovich, l’ancien procureur général de l’Arizona et membre du parti républicain, a réussi à convaincre un magistrat de l’État d’instaurer l’interdiction de 1864. Cette loi sanctionnée avant même que l’Arizona ne devienne partie intégrante des États-Unis en 1912, stipule que ceux qui assistent à un avortement peuvent être traduits en justice et subir une peine allant de deux à cinq ans de réclusion.

La décision de rétablir une loi ancienne émise à une époque où l’Arizona n’était pas encore un État, en pleine guerre civile et quand les femmes n’avaient pas le droit de vote, a été décriée par la procureure générale démocrate de l’Arizona, Kris Mayes, le 9 avril. Elle a plusieurs fois signalé qu’elle n’intenterait pas de poursuites. Cependant, cette position pourrait varier en fonction des futurs résultats électoraux, puisque les procureurs sont élus aux États-Unis.

Avant la session planifiée de l’Assemblée et du Sénat, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le Capitole de l’État, certaines manifestant leur opposition au droit à l’avortement à travers leurs tenues ou des pancartes. Puis, elles ont pris place dans le public lors du vote.

De leur côté, les défenseurs d’une initiative citoyenne ont récemment fait savoir qu’ils ont recueilli suffisamment de signatures pour demander un référendum destiné à intégrer l’avortement dans la Constitution de l’Arizona. Si cette démarche est validée, le scrutin aurait lieu lors de l’élection présidentielle de novembre, à l’instar de l’État crucial de Floride.

Le démocrate en poste, Joe Biden, fait de la protection des droits de la femme une priorité de sa course pour un deuxième terme en tant que président, contre Donald Trump, son opposant républicain. Ce dernier se vante d’avoir, grâce à ses nominations à la Cour suprême des Etats-Unis, réussi à renverser une décision de justice de juin 2022, tout en soulignant les dangers politiques d’une position trop conservatrice sur l’interruption volontaire de grossesse.

Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu mercredi, organisée par l’équipe de campagne de Joe Biden et le Parti démocrate de l’Arizona, la sénatrice démocrate Priya Sundareshan de Tucson a déclaré : « Ne vous méprenez pas, Donald Trump a démonté Roe vs Wade et maintenant les citoyens de l’Arizona vivent comme en 1864 ». Ce vote d’abrogation a eu lieu un jour après que le président américain ait affirmé que son adversaire républicain avait créé une « crise de santé pour les femmes à travers le pays » en limitant leur accès aux soins de santé.

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