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Préparation de la Drôme à la raréfaction d’eau

Sans la présence de sa rivière, comment serait la vallée de la Drôme ? Qu’elle soit déchaînée ou calme avec des eaux claires comme du cristal, la rivière fait office de colonne vertébrale pour la région. Elle est vitale pour l’agriculture, le tourisme, la biodiversité locale et le bien-être général de la population. Cependant, la pénurie d’eau s’est intensifiée ces récentes années. Les limites de cette ressource essentielle ont été concrètement perçues, certaines villes au bord de la rupture d’approvisionnement en eau potable durant l’été, des restrictions complètes d’irrigation, et le spectacle déprimant d’une rivière à sec, réduite à une étendue de cailloux. Pour gérer efficacement cette situation, un projet territorial de gestion de l’eau (PTGE) sera lancé sur trois intercommunalités de la vallée ce vendredi 19 avril.

En France, soixante-neuf PTGE ont été approuvés dans les régions souffrant de pénurie d’eau, et quarante sont en discussion, comme le signale le ministère de la transition écologique. L’objectif est de diminuer les pressions et de trouver collectivement un équilibre entre les besoins et le volume d’eau disponible, tout en prenant en compte la préservation de l’environnement, la qualité de l’eau et l’adaptation au changement climatique. Le dernier plan Eau, adopté en mars 2023, exige que tous les PTGE incluent des objectifs numériques de réduction des prélèvements dans les prochaines années. Au final, l’objectif est de réaliser au moins une économie de 10% d’eau d’ici 2030.

Ce projet dans la Drôme est le fruit de deux ans de consultative impliquant environ 250 acteurs politiques et économiques, dans le but de s’adapter aux conséquences du changement climatique sur cette ressource. L’initiative est soutenue par la Commission Locale de l’Eau (CLE), un rassemblement de collectivités, de l’Etat et des utilisateurs. C’est dans cette même région qu’en 1993, a vu le jour la première commission de l’eau de France, sur fond de conflits intenses entre les irrigateurs, qui pompaient sans limites dans la rivière, et les protecteurs de l’environnement. Depuis lors, tous ont apprécié les progrès réalisés. « Aujourd’hui, ce qui compte, c’est que nous parvenons à communiquer, à comprendre les besoins de l’autre, et à intégrer le concept de partage de la ressource, avec beaucoup moins d’hostilité qu’au départ », soulignait Pascal Baudin, vice-président du Syndicat Mixte de la Drôme, qui gère la rivière, lors de la clôture de cette concertation début avril.
Comme partager du territoire français, ce bassin est classé dans une zone en déficit structurel d’eau depuis près de trente ans. La ressource ne suffit pas pour subvenir aux besoins de l’agriculture, de l’eau potable et de l’industrie. « Chaque année, les milieux aquatiques sont sacrifiés, avec des sécheresses de plus en plus graves », condamne le syndicat de rivière.
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