×
google news

« Mannschaft rajeunie pour surmonter l’Euro »

Il ne reste que 360 minutes – quatre matchs, deux en mars et deux en juin – pour Julian Nagelsmann qui doit retrouver la confiance de son équipe allemande en déroute, avant l’affrontement avec la France, le samedi 23 mars à Décines-Charpieu. Avec moins de trois mois avant le championnat d’Europe qu’elle accueille et ouvre le 14 juin contre l’Écosse, l’équipe est embourbée dans une spirale négative sans fin.

Nagelsmann, un leader de 36 ans issu de la réussie école allemande de coaching (Jürgen Klopp, Thomas Tuchel…), a été nommé en septembre suite à une défaite humiliante à domicile contre le Japon (1-4) qui a été fatale à son prédécesseur, Hansi Flick. Son arrivée devait donner un nouveau souffle à la Mannschaft. Il avait bien commencé avec une victoire aux États-Unis (1-3) et un match nul honorable au Mexique (2-2). Cependant, en novembre, les féroces attaques de la Turquie (2-3) et de l’Autriche (0-2) détruisaient ces espoirs naissants et replongeaient l’Allemagne dans ses incertitudes.

Depuis six ans, ils connaissent des résultats décevants. Après avoir été prématurément éliminée lors des deux dernières Coupes du Monde (Russie 2018 et Qatar 2022), et ayant été sortie dès les huitièmes de finale à l’Euro 2021, l’Allemagne offre l’image troublante d’une ancienne force dominatrice devenue étrangement inefficace. « Ce n’est pas qu’ils ne savent pas ce qu’ils doivent faire, ou ne veulent pas le faire, » expliquait Julian Nagelsmann suite à la défaite à Vienne. « (…) Mais ils sont inhibés. C’est une bonne équipe sur papier, cela ne se manifeste pas sur le terrain. »

Des talents émergents et des vétérans

Le travail du jeune entraîneur, qui a commencé sa carrière à Hoffenheim, puis au RB Leipzig et au Bayern Munich, est significatif. C’est pourquoi celui qui a été contracté uniquement jusqu’à l’Euro a décidé de bouleverser les choses. Le groupe qu’il a amené à Lyon comprend six nouvelles figures, jamais conviées en sélection nationale. Ces joueurs, peu connus en France, marquent la saison allemande, comme par exemple ses deux meilleurs buteurs nationaux, Deniz Undav (Stuttgart) et Maximilian Beier (Hoffenheim). A contrario, Nagelsmann a laissé plusieurs leaders importants à la maison, y compris Matts Hummels, Niklas Süle et Leon Goretzka – Serge Gnabry est également blessé et Leroy Sané est suspendu.

L’objectif de ce match amical est clair : revigorer une équipe démoralisée par les défaites, remettre en question les positions établies, et valoriser à la fois la performance actuelle et la nouveauté. « Nous voulons que l’équipe ait un certain état d’esprit, le changer, en ayant des joueurs travailleurs sur le terrain », a affirmé le sélectionneur lors d’une conférence de presse le vendredi.

Il a également abordé le thème du « plaisir de jouer », dans le souci d’alléger la pression sur son équipe : « Nous parlons de football ici, non pas de politique ou même d’une décision économique qui affecterait des milliers de vies. Notre objectif est de jouer, de gagner et si nous perdons, nous jouerons à nouveau mardi. Ensuite, nous aurons l’Euro en mai et juin. »
Le coach a cependant choisi une voie prudente, en gardant le noyau de vétérans issus de deux établissements européens : du côté du Bayern Munich, le gardien Manuel Neuer (absent lors du match contre les Bleus) et l’attaquant Thomas Müller ; du côté du Real Madrid, le défenseur Antonio Rüdiger et le milieu de terrain Toni Kroos, de retour en sélection après avoir annoncé sa retraite de la compétition internationale en 2021. Ensemble, ils totalisent 136 ans et 415 sélections.
« Avoir Toni derrière est un très bon sentiment », a expliqué Ilkay Gündogan, le milieu de terrain et capitaine allemand, lors d’une conférence de presse. « Son aptitude à déjouer l’adversaire et à passer la balle au bon moment nous aidera à avoir un jeu plus offensif. » Selon lui, c’est dans sa région que l’équipe allemande a une chance de gagner face à la France, qui est privée de l’important Antoine Griezmann, blessé : « Mes coéquipiers Jamal [Musiala] et Florian [Wirtz] sont en pleine forme. Nous allons essayer d’imposer notre style de jeu au milieu de terrain. À la lumière de ce que j’ai vu lors de l’entraînement cette semaine, je pense que cela pourrait donner quelque chose de très beau. »

Avec des joueurs de la trempe de Marc-André ter Stegen – prévu pour être le gardien de but titulaire -, Joshua Kimmich et Kai Havertz, l’équipe allemande possède un bel effectif. Elle avait réussi à créer la surprise contre les Bleus (2-1) lors d’un match amical à Dortmund, qui s’est déroulé le 12 septembre 2023. Si elle parvient à gagner ou à obtenir un match nul ce samedi, cela confirmerait l’approche audacieuse adoptée par Nagelsmann. Cela pourrait également procurer à l’Allemagne la dynamique sportive et populaire dont elle a grand besoin en prévision de « son » Euro.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire aussi

example 1256
Actualité

Guerre Ukraine: Russie revendique prise localité

21 avril 2024
Nous vous invitons à lire tous nos articles, commentaires et couvertures journalistiques relatifs à la guerre en Ukraine. Les articles, les études approfondies et les éclairages fournis par Le Monde…
example 1253
Actualité

J’ai dégusté des bugs… et ça m’a plu !

21 avril 2024
Laurent Veyet, avec un sourire espiègle, me dévisage et demande : "As-tu déjà consommé des insectes?" Je fronce les sourcils, me perdant dans une introspection rapide... A part cette mouche,…