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« La résurgence de Lancia, fortement influencée par la politique »

C’est une entreprise audacieuse, voire quelque peu extravagante, de vouloir établir une marque de voiture de luxe en Europe. Généralement, c’est une mission vouée à l’échec, toutefois, le fait de tenter de réaliser cet exploit avec Lancia est une approche distincte. Après tout, cette marque, qui n’est diffusée qu’en Italie, est absente du paysage international depuis sept ans, à tel point qu’elle a presque sombré dans l’oubli.

Lundi 27 mai à Turin, le lancement de la nouvelle Ypsilon – la première Lancia depuis 13 ans – a été présenté par le groupe avec toute la gravité qui convient à un tel évènement. Ce modèle urbain sera initialement commercialisé en Italie, avant de faire son apparition en France, en Allemagne, en Belgique, en Espagne et aux Pays-Bas à l’automne 2024. Par la suite, en 2026, le SUV Gamma, et en 2028, la berline électrique Delta, rejoindront la gamme, renouant avec des noms prestigieux.

Ce renouveau semble d’autant plus contradictoire que le groupe Stellantis, connu pour sa politique de réduction des coûts et sa réticence aux investissements hasardeux, dispose déjà de deux marques haut de gamme, Alfa Romeo et DS, qui peinent à se développer en l’absence d’une gamme étendue.

La renaissance de Lancia en Europe sera une aubaine pour les passionnés de voitures italiennes et élargira l’éventail d’options disponible pour les consommateurs. Malgré l’histoire longue et illustre du constructeur, fondé en 1906, son retour ne semble pas une évidence. Cependant, cela pourrait très bien convenir au gouvernement de Giorgia Meloni, qui entend persuader Stellantis à valoriser davantage les marques nationales en difficulté et à renforcer sa présence industrielle sur la Péninsule. Il reste quelques atouts.

L’Ypsilon en pratique est essentiellement une Peugeot 208 remaniée et légèrement modifiée, proposée en variantes à combustion interne (avec une hybridation douce de 48 volts) et en version électrifiée. Sa spécification technique est exactement la même que celle du modèle français, mais son design est unique – réussi à l’arrière avec de jolis feux arrondis en hommage au renommé modèle Stratos, champion du rallye dans les années 1970, bien que l’avant semble moins inspiré. La conduite et les suspensions ont été renforcées dans le respect de la tradition sportive italienne. L’intérieur du véhicule a été méticuleusement arrangé pour refléter la réputation flatteuse associée aux finitions intérieures des voitures de la marque turinoise.

La Lancia renouvelée a un bel aspect. Cependant, il reste à voir si elle transformera ou non le marché des petites voitures. En Italie, elle prend la relève d’un modèle ancien mais abordable qui parvenait à se vendre à 45 000 unités par an. Le prix de la nouvelle Ypsilon à combustion interne (à partir de 24 500 euros contre 34 800 euros pour le modèle électrique) est supérieur d’environ 10 000 euros par rapport à la génération précédente assemblée à Tychy, en Pologne, ce qui représente un premier obstacle. Un autre défi en dehors des Alpes sera de séduire les automobilistes qui n’ont pas entendu parler de Lancia depuis des années.

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