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Semaine décisive pour l’avenir d’Ascometal

C’est comme une onde de choc en Lorraine et dans la Loire : le groupe siderurgique italien Acciaierie Venete a informé, le jeudi 23 mai, via une correspondance très détaillée, le responsable du plan de recouvrement du tribunal de commerce d’Ascometal qu’il se retire du processus de reprise du pôle automobile qu’il discute depuis plusieurs mois. C’est une débâcle pour les 627 travailleurs des installations de Hagondange (Moselle), qui englobent le siège social, le centre de recherche sur l’acier spécialisé et une usine, de Custines (Meurthe-et-Moselle) et du Marais à Saint-Etienne. Venet est le seul repreneur annoncé et l’échéance pour la soumission des offres est pour le lundi 27 mai à minuit, avec une décision attendue du tribunal de commerce de Strasbourg le jeudi 30 mai.
En procédure de redressement judiciaire depuis mars, suite au retrait de son actionnaire actuel, Swiss Steel, l’avenir du sidérurgiste Ascometal (1 125 emplois sur cinq sites) dépend du tribunal de commerce de Strasbourg, et les incertitudes récentes ne présagent rien de bon. Sa liquidation pourrait avoir des conséquences diverses. Pendant que les discussions concernant le pôle automobile stagnent, celles pour la reprise des sites de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Dunkerque (Nord) ont fait des progrès.

Concernant le défi complexe de l’industrie automobile, une clause importante de sa proposition n’a pas encore été satisfaite, en dépit de plusieurs mois et cela concerne le pôle automobile. Elle stipule que le coût du désamiantage et du dépoussiérage de l’usine Hagondange, évalué à 11 millions d’euros, doit être assumé par Swiss Steel. Alessandro Banzato, le président de Venete, exprime également des incertitudes concernant les financements publics en supplément de sa contribution de 30 millions d’euros. Il est d’avis qu’ils ne seraient pas suffisants pour contrebalancer « le déclin du marché, [répondre aux] inquiétudes concernant la véritable valeur des stocks, et encore moins [financer] les coûts liés au désamiantage et dépoussiérage ».
« C’est un désastre incroyable », dit-il.

L’information a été révélée lors du dernier week-end de mai et a suscité l’agitation au sein des départements gouvernementaux, en particulier le comité interministériel chargé de superviser la restructuration industrielle. La transition était censée être sans heurts. Gabriel Attal avait un rendez-vous lundi après-midi avec Franck Leroy, le président de la région Grand-Est. « Si cette reprise ne réussit pas, ce sera un désastre pour la région. Hagondange a des ressources précieuses, avec des équipements rares et innovants. Nous devons trouver une solution. Roland Lescure, le ministre de l’industrie, la région Grand-Est et les autorités locales et moi-même y travaillons », insiste le député Belkhir Belhaddad de Renaissance. Il souhaite réunir toutes les parties concernées autour de la table de négociation. « Nous avons encore besoin de temps. La priorité est d’obtenir une extension du redressement judiciaire pour parvenir à un accord sur la question de la désamiantisation. Comme l’Etat italien soutient déjà Venete, cette offre doit être renforcée par une participation de l’Etat français. Nous devons obtenir un co-investissement en faisant appel à Bpifrance et à la Caisse des dépôts et consignations, et pas seulement une garantie de prêt », ajoute le représentant de la Moselle.
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