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« Cannes 2024 : Jia Zhang-ke, cinéaste-archéologue chinois »

Dans le cadre de la sélection officielle et de la compétition, Jia Zhang-ke revient avec son dernier film long métrage, « Caught by the Tides ». Le cinéaste, reconnu à Cannes et souvent en lice pour la Palme d’or, revisite avec ce nouveau film ses œuvres précédentes en proposant une récapitulation de son travail. Connu pour son rendu cinématographique des transformations significatives que la Chine a connues depuis les années 2000, Zhang-ke répète dans ce film son approche habituelle de narration en trois parties de l’histoire chinoise contemporaine. Ce procédé, déjà utilisé dans « Au-delà des montagnes » (2015) et « Les Eternels » (2018), s’applique également à « Caught by the Tides », mais avec une utilisation intéressante des images d’archives recueillies durant ses 23 ans de carrière. La dernière partie du film, traitant de la période du Covid-19 en Chine, se distingue par son utilisation d’images totalement nouvelles.

L’histoire, pour sa part, reprend la narration typique de Zhang-ke, déjà observée par le passé. Cette dernière se pose en 2001, à Datong (site de tournage de « Plaisirs inconnus » en 2002 et « Les Eternels »), une ville minière du nord de la Chine. On y suit Qiaoqiao, une jeune femme jouée par l’actrice préférée et partenaire de Zhang-ke, Zhao Tao, qui tombe amoureuse d’un homme, Bin (Li Zhubin), qui finit par partir travailler au Sud.

En 2006, elle se lance dans une quête dans la zone du Hubei, lieu de construction du barrage des Trois-Gorges (déjà montré dans Still Life, en 2006, et Les Eternels), qui est le symbole de la politique de grands projets. Sa période de vagabondage reflète les profonds changements du paysage chinois et les vies perturbées par les transformations. En 2022, étant maintenant handicapé et utilisant une canne pour marcher, Bin retourne à Datong sans emploi et en dernier recours. Dans la file d’attente d’une caisse de supermarché, il identifie Qiaoqiao malgré son masque respiratoire. Tous les deux ont pris de l’âge et leur vie a continué autre part.

Des panoramas en transition

Cette histoire répétée comme un vieux hit peut d’abord faire craindre une sorte de stagnation de la part du réalisateur, ou au mieux, un balbutiement. Cependant, son approche à travers l’archive entraîne une réduction drastique. Le film, très fragmenté, rassemble un assortiment d’images de différentes qualités et époques. Des moments strictement documentaires (un groupe de travailleuses qui se succèdent pour chanter), sont combinés avec des « outtakes » (prises non utilisées) de précédentes œuvres de fiction, comme Plaisirs inconnus, où l’on peut reconnaitre une jeune Zhao Tao portant une perruque emblématique.

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