En plein malaise devant mon écran ces derniers mois, je me suis demandé ce qui était à l’origine de cette sensation. Les Américains, toujours prompts à trouver le bon terme, semblent avoir mis le doigt dessus. Selon un article de James Poniewozik, publié le 27 avril dans le New York Times, nous sommes au stade de saturation de la ‘MidTV’. Bertrand Cochard, un philosophe qui a écrit un pamphlet contre l’excès de séries (Vide à la demande, Editions L’Echappée, 2024) que nous avons mentionné à deux reprises dans nos colonnes, ne serait pas d’accord. Toutefois, l’auteur de l’article argumente que le problème n’est pas le volume, mais bien la qualité de ces séries. Il attribue ce phénomène à une hausse généralisée des standards, encouragée par les financements considérables alloués à la production de séries par les plateformes de VOD.
Pour parler de plateforme, cette année marque une décennie depuis que je me suis abonné à Netflix. Flashback sur 2014, l’année de True Detective, The Leftovers, The Affair, Happy Valley, pour ne citer que quelques-unes. Peut-être pas une année mémorable de séries, mais suffisamment bonne pour que je consente à payer une dizaine d’euros chaque mois à la plateforme qui allait plus tard nous offrir Narcos, Making a Murderer, Mindhunter (une des rares séries que j’ai regardées plusieurs fois en intégralité).
En dix ans, beaucoup de choses se sont succedé, mais je dois dire que j’ai du mal à me sentir concernée par les nombreuses séries que j’ai regardées. Et l’année 2024 ne semble pas présager de changements significatifs. Un seul rayon d’espoir a émergé en début d’année avec le retour de True Detective, qui a su maintenir un niveau acceptable lors de sa quatrième saison. En avançant jusqu’en mars et le Festival Séries Mania de Lille, on peut observer une myriade de nouvelles productions lancées en une semaine. Bien que quelques belles trouvailles aient émergé des sélections secondaires, et malgré un jury orienté vers l’art et l’indépendance présidé par Zal Batmanglij (The OA, A Murder at the End of the World), les récompenses ont manqué d’originalité : Rematch, la série relatant l’affrontement entre Garry Kasparov et l’ordinateur Deep Blue qui a reçu le Grand Prix du jury, aurait très bien pu être produite il y a deux décennies.
Grandir des « talents »
Les algorithmes ont tendance à privilégier les éléments familiers, a souligné Zal Batmanglij juste avant l’ouverture du festival. C’est pourquoi les remakes, les sûrs paris (comme le Marvel Cinematic Universe ou les différents univers Star Wars) et les visages familiers sont souvent récompensés. La machinerie des séries télévisées tourne en boucle, prisonnière de ses propres progrès. A force de produire de nouvelles séries, les chaînes et les plateformes ont acquis une expertise et une qualité de production sans précédent, transformant chaque série en un objet de luxe dont les créateurs ne sont plus des scénaristes, des réalisateurs ou des acteurs, mais simplement des « talents », comme on les présente aux journalistes lors des conférences de presse.
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