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« L’oeuvre artistique de Sylvie Selig en format Cinémascope »

Les œuvres d’une personne anonyme sont partagées sur Instagram, attirant l’attention de quelques professionnels qui proposent des expositions. Bien que cela ne soit pas la norme, ce n’est plus exceptionnel de nos jours. Cependant, le fait que cela mène, en à peine trois ans, à une exposition personnelle dans un important musée d’art contemporain est nettement plus inhabituel. Encore plus singulier est l’essor vers la célébrité d’une œuvre très inhabituelle et provocante. C’est encore plus étonnant lorsque l’artiste en question est une femme peintre née en 1941, soit âgée de 83 ans. On dirait que c’est un cas sans précédent.

L’artiste en question s’appelle Sylvie Selig. Son exposition a lieu à un niveau du Musée d’art contemporain de Lyon. L’exposition comprend une variété de dessins, broderies et mannequins fantastiques centrés autour d’une toile de 140 mètres de long, sinueuse au milieu de l’espace. Cette toile est nommée « River of No Return ». Elle dépeint la balade d’une jeune femme et de deux jeunes hommes traversant un paysage qui serait idyllique si ce n’était l’omniprésence d’œuvres d’artistes bien connus, des classiques modernes (comme Picasso) aux contemporains (comme Buren, Kiefer…). Leurs discussions sur les œuvres sont inscrites sur la toile. L’artiste résume : « Les garçons semblent déconcertés par ce qu’ils voient, tandis que la fille semble très instruite ». Elle admet qu’il y a une certaine ironie dans leurs dialogues, cependant, insiste-t-elle, une ironie douce : « Je me moque de moi-même, et un peu des autres, mais très gentiment. »

Dans son studio parisien situé à Pigalle, au sommet d’un bâtiment de la fin du 19ème siècle, son sourire et son regard contredisent ses propos. Le studio est plutôt étonnant – typique de cette ère, avec une vaste galerie de verre grande tournée vers le nord, une hauteur imposante sous plafond et une mezzanine. Malgré sa grande taille, le lieu est saturé – avec des étagères surchargées de livres, des masques africains et des photos le long de l’escalier, des toiles stockées près du plafond visibles malgré un système de cordes, des mannequins vêtus de vieux vêtements. Les seuls endroits relativement vides sont ceux où elle peint contre un mur et où elle brode, sur un banc précaire. Elle attribue cet amas impressionnant à son histoire : « Pendant des années, je n’ai rien vendu alors j’ai tout conservé. »

Sa carrière, sérieuse et indépendante, compte presque quarante ans depuis qu’elle a choisi de renoncer à ses activités précédentes pour se consacrer à l’art. Née à Nice, elle a grandi en Australie avec sa mère, ou elle a été distinguée à l’âge de 15 ans en gagnant un prix artistique. « J’ai commencé à dessiner comme tous les enfants, et j’ai continué parce que j’avais un talent pour ça – mon unique talent d’ailleurs. Ma mère a essayé de me faire suivre des cours, mais ce n’était pas mon truc donc je me suis auto-formée. J’ai erré, beaucoup lu, beaucoup ressenti. Je ne suis pas une érudite et je travaille de façon instinctive. »

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