Dans certaines régions mondiales, une poignée de mots peuvent brusquement faire basculer la sérénité en hostilité. Ce scénario est clairement perceptible dans le détroit de Taïwan, où les positions et les déclarations du nouveau président de l’île envers la Chine sont sous les projecteurs. Lai Ching-te, qui a pris ses fonctions en mai après son élection en janvier, pense qu’il est essentiel de dire la vérité, même si cela risque d’aggraver les différends avec Pékin. Dans son discours inaugural de la fête nationale le jeudi 10 octobre, le dirigeant taïwanais a affirmé que la République de Chine basée à Taiwan et la République Populaire de Chine ne sont en aucun cas subordonnées l’une à l’autre. Il a promis de conserver le statu quo, tout en résistant à toute tentative d’annexion ou à toute atteinte à leur souveraineté. « La Chine n’a pas le droit de parler au nom de Taïwan », a-t-il proclamé.
La date commémore le déclenchement de la révolte qui, en 1911, a entraîné la fin de la Chine impériale, reflétant la complexité historique de la question de Taïwan. Tchang Kaï-chek, ancien leader de la République de Chine qui a été vaincu par les forces communistes de Mao Zedong, s’est réfugié à Taïwan en 1949, créant une sorte de continuation de son régime sur l’île et aspirant à y retourner un jour. Cela est symbolisé par le nom officiel actuel « République de Chine », qui subsiste sans correspondre à la réalité géographique de l’île.
Pendant quarante ans, le Parti nationaliste, aussi connu comme le Kouomintang (KMT), a instauré une gouvernance de peur sur l’île avant que celle-ci ne manifeste une ouverture envers la démocratie. Une entente tacite, établie par Taipei et Pékin sous une administration du KMT au début des années 1990, attestait l’existence d’une seule Chine, laissant ainsi chaque partie libre d’interpréter selon leur propre optique. Pour le Parti communiste chinois, cette entente comporte l’avantage de poser l’affirmation que l’île est chinoise et qu’elle est, par conséquent, destinée à être un jour politiquement annexée.
Une identité politique spécifique
Toutefois, pour le Parti démocrate progressiste (DPP) tenant le pouvoir depuis huit ans, issu de la lutte pour la démocratie et les libertés qui ont germiné à Taïwan, ce prétendu principe d’une Chine unique est illogique, un déni du réel. En tant que présidente de 2016 à 2024, Tsai Ing-wen a essayé de dépasser ce discours pseudo-réaliste en réitérant constamment l’existence de l’indépendance de l’île, qui dispose de son propre système politique, sa propre devise, une armée, des passeports et d’autres caractéristiques d’un Etat à part entière à l’exception de la reconnaissance internationale.
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