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10 octobre 2024 18 h 47 min

Samuel Paty, victime des peurs

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Mickaëlle Paty, en collaboration avec Emilie Frèche, publie « Le Cours de monsieur Paty » chez Albin Michel, présentant 208 pages avec un prix de 17,90 € pour la copie physique et 12 € pour le format numérique. Cette œuvre sortira en librairie le 16 octobre. Elle plonge le lecteur dans un climat de peur, l’élément central de cette narration.

Au mois de novembre, le procès concernant le meurtre de Samuel Paty commencera et les juges auront à démêler non seulement la culpabilité de chaque partie impliquée, mais aussi ils devront scruter l’éventail des peurs et manque de courage qui ont facilité la démarche du djihadiste Abdoullakh Anzorov, 18 ans, pour assassiner un professeur à la sortie de son école, le 16 octobre 2020. C’est cette idée que l’on retient en finissant de lire l’ouvrage de Mickaëlle Paty.

Le livre, qui sort quatrès ans après l’attaque à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), dont de larges extraits ont été publiés par « Le Monde des livres », retrace les onze jours entre le cours de Samuel Paty sur la liberté d’expression et le moment de son assassinat par un terroriste islamiste. Il offre un exposé d’une société consommée par la peur.

La crainte première qui se manifeste ici est celle éprouvée par Paty lui-même. Sa sœur met en évidence, dans des passages touchants, que le professeur d’histoire-géographie, cible d’une vaste campagne de diffamation, prenait la menace très au sérieux. En l’absence de protection policière, il comptait sur ses collègues pour l’escorter jusqu’aux alentours de sa maison, vêtu d’un sweat-shirt à capuche. Comme moyen de défense, il possédait dans son sac à dos l’insignifiant petit marteau que son père lui avait donné lorsqu’il avait quitté la maison pour aller étudier à Lyon.

Une solitude profonde

Cependant, Samuel Paty craignait avant tout la peur des autres. Il était de ces individus qui redoutent par-dessus tout la lâcheté. Au cours des jours qui ont conduit à sa mort, il a eu plus d’une occasion de la constater autour de lui, enveloppant de nombreuses consciences et alourdissant de nombreux silences. Le Cours de Monsieur Paty détaille ces démissions qui ont fini par plonger l’enseignant dans une solitude dont on commence à peine à mesurer la profondeur.

Selon Mickaëlle Paty, dès le commencement de la traque dont il a été la cible, il semble que les individus et les organisations qui étaient censées le protéger étaient surtout motivées par l’envie d’éviter un scandale. Dans le jargon administratif, cela est souvent résumé par la mention du « risque d’une répercussion médiatique qui pourrait compliquer les choses ». C’est là que réside le paradoxe : le prétexte de la persécution s’est rapidement révélé être une simple fausseté (l’étudiante qui prétendait avoir été forcée de regarder un dessin humoristique de Mahomet paru dans Charlie Hebdo n’était pas présente en classe) ; cependant, cette information cruciale a été souvent négligée. Selon Mickaëlle Paty, il semblait que le plus crucial pour le rectorat ainsi que le « référent laïcité », était de ne pas offenser les accusateurs. Ils répétaient sans cesse que la situation se calmait : « On parie que si personne n’en parle plus, tout finira par se calmer », résume-t-elle.
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