Malgré leur jeune âge de 10 à 12 ans, les enfants en Haïti sont déjà enrôlés dans des gangs qui propagent la peur, selon un rapport de 9 pages publié par Human Rights Watch (HRW) le 9 octobre. Le rapport met en évidence l’extrême vulnérabilité des enfants face à la crise de sécurité qui accable Haïti, un pays caribéen de onze millions de résidents. En l’absence de statistiques précises, le gouvernement haïtien et les ONG humanitaires supposent qu’au moins un tiers des membres des gangs sont des mineurs, souligne HRW.
On estime à environ 200 le nombre de gangs en Haïti, d’après l’Organisation des Nations unies (ONU) et la plupart des experts, avec un total de plusieurs milliers de membres. Selon HRW, basé à Washington, des « centaines, voire des milliers d’enfants » ont été attirés par ces bandes armées, surtout pour éviter les conditions de dénuement extrême qu’ils subissent quotidiennement. Nathalye Cotrino, chercheuse de la division Crises et conflits de HRW, qui est citée dans le rapport, a déclaré que les enfants en Haïti ont peu d’options pour survivre, ce qui les pousse souvent à rejoindre ces groupes criminels. Au sein de ces gangs, ils se livrent à des activités illégales et encourent de grands risques.
En juillet, une délégation de HRW s’est dirigée vers Port-au-Prince, la métropole d’Haïti, essentiellement dominée par des groupes armés à 80%. On estime qu’environ 2,7 millions de résidents, y compris près de 500 000 enfants, demeurent dans des secteurs dirigés par des criminels, d’après l’Unicef. Selon des interviews effectuées par HRW, les enfants ont affirmé que la famine était la principale raison qui les avait contraints à s’associer aux gangs. Mathis, un adolescent de 14 ans et orphelin, déclare : « Je ne possédais rien. Je n’ai jamais reçu d’éducation. Je survivais dans la rue, affamé, sans un toit pour m’abriter, sans vêtements ». Le jour où il rejoint un gang, celui-ci lui a offert « 1 150 gourdes (8 euros) et de la nourriture ».
Martelées sexuellement
Les nouvelles recrues sont parfois âgées de moins de 10 ans. Michel, un ex-membre du gang de Grand-Ravine qui sévit dans un quartier défavorisé de Port-au-Prince, raconte qu’il a rejoint le gang à 8 ans parce qu’il n’avait pas de parents. Le garçon a reçu un AK-47 avec de nombreuses balles du gang. Aujourd’hui, à 14 ans, il affirme avoir quitté le gang après avoir été témoin de violences. Depuis, il retourne à la survie dans la rue.
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