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Procès FN : historiques peu convaincants

Le procès avait initialement eu une ambiance légère, les membres du tribunal trouvant un amusement léger dans les tentatives du vieil homme, l’ancien numéro deux du Front national, Bruno Gollnisch, de débattre avec une utilisation abondante de subjonctifs imparfaits sur le Conseil constitutionnel, la séparation des pouvoirs et l’incapacité du tribunal à juger l’affaire concernant les assistants du Front national au Parlement européen. Il était invité à expliquer les contrats douteux de ses assistants, avec une accusation pesant sur lui pour avoir détourné 1,41 million de fonds européens de 2005 à 2015 pour trois individus qui travaillaient réellement pour le Front National.

Plus tard le mardi 8 octobre, après environ une heure, la présidente Bénédicte de Perthuis commençait à montrer des signes d’agacement. Cependant, Gollnisch, profitant d’une rare occasion d’avoir un public, se montrait réticent à céder rapidement le terrain et répondait de manière déroutante mais avec une vivacité manifeste. Après quatre heures, la présidente lui a demandé de s’asseoir. On pourrait facilement sympathiser avec son avocat, Me Nicolay Fakiroff, s’il n’était pas lui-même fautif de poser de longues questions qui ne faisaient qu’ajouter du combustible à la logorrhée du défendeur.

La présidente s’est irritée le jour suivant. « Qu’essayez-vous de dire que vous n’avez pas déjà mentionné avant? » « Beaucoup de choses, Mme la Présidente, » répond Bruno Gollnisch avec douceur. « Vous répétez constamment la même chose, » a interrompu Mme de Perthuis, « nous ne cherchons pas des suggestions vagues, nous devons éviter les généralités. » « Mme la Présidente, je vais être d’une précision remarquable. Quelques détails sur les procédures à la Cour de Justice de l’Union Européenne… » « Ce n’est pas ça la question qu’on vous a demandé, » s’exclame la présidente, visiblement agacée. « Nous ne pouvons pas passer tout notre temps à vous écouter répéter les mêmes choses. Sinon, on va s’arrêter. Allez vous asseoir pour cinq minutes. » « On m’interrompt sans cesse quand j’essaie de présenter des preuves… », marmonne l’homme âgé.

« Je ne comprends pas pourquoi ils continuaient à changer d’enveloppes. »

Les trois anciens collaborateurs de l’eurodéputé ont adopté une défense plus traditionnelle, mais malheureusement pas beaucoup plus efficace. Micheline Bruna, la secrétaire personnelle de Jean-Marie Le Pen, rémunérée par Strasbourg et supposée soutenir Bruno Gollnisch en tant qu’assistante parlementaire, a reconnu qu’elle maintenait à jour les registres d’enveloppes des députés, avec de nouveaux assistants introduits ici pour un mi-temps, quelques jours ailleurs, dans le but d’épuiser le budget généreusement alloué par le Parlement. « C’est vous qui gériez les enveloppes budgétaires des députés », confirme le procureur. « Jean-Marie Le Pen me disait : « tel individu passera par tel député », je prenais des mesures », admet Mme Bruna. « Mais c’était pour des motifs budgétaires? » « Ah, je ne sais pas pourquoi ils faisaient des changements d’enveloppes, répond-elle, manifestement perplexe face à l’évidence. Je n’avais aucun pouvoir de décision… »

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