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« Procès famille figure État islamique »

Quentin Lebrun, également connu sous son pseudonyme de guerre Abou Oussama Al-Faransi, est en détention depuis la perte de Baghouz, le dernier bastion de l’Etat islamique (EI) en Syrie, qui est tombé début mars 2019. Lebrun est sous la surveillance des autorités kurdes indépendantes du nord-est de la Syrie et, selon les informations les plus récentes de 2021, il languit dans la prison de Derik.

Sa femme et leurs quatre enfants résident dans le camp de Roj, où ils sont également gardés par des militants kurdes. Elle a refusé une rapatriement vers la France à partir de ce camp.

Lebrun est une personnalité de premier plan dans la filière d’Artigat (en Ariège). Il a quitté pour la Syrie début 2014, peu de temps avant que EI établisse son soi-disant califat. Il a fait le voyage accompagné des frères Clain, responsables de la diffusion de la propagande de l’EI en français, et de Souad Merah, la sœur de l’attaquant de Toulouse, Mohammed Merah.

Lebrun est entré sous les feux de la rampe grâce à l’une des premières vidéos de haute qualité de l’EI, dans laquelle on peut le voir, avec ses yeux bleus, son keffieh jaune à damier et son kalachnikov, invitant les musulmans de France à abandonner la terre des « kouffar » (non-croyants) pour venir se battre sous la bannière de l’EI. À la fin de la vidéo, qui a été présentée le jeudi 20 juin à la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, lors du procès de ses proches et de sa femme, il brûle son passeport français avec ses frères d’armes.

Véronique Lebrun, la mère de Quentin Lebrun, demeure persuadée, une décennie plus tard, que son fils a été contraint de participer à la création de la vidéo de propagande. Elle soutient fermement que son fils n’éviterait jamais un regard direct s’il avait quelque chose à lui dire. Elle, son mari Jacques (cloué au lit par la maladie), et leur fille Gwenaëlle ont comparu devant le tribunal pour avoir transféré un total de 6 504 euros à Quentin entre 2014 et 2018. Mohamed et Malika Abassid, parents de l’épouse de Quentin, Meriem, ont également participé aux transferts d’argent.

« Il n’est pas un monstre », répète-t-elle. Les cinq defendants ont été auditionnés dans le cadre d’une enquête préliminaire et sont jugés directement par le tribunal anti-terroriste, sans passer par un juge d’instruction. Pour encourager leur témoignage, la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez et ses deux assesseurs mettent tout en œuvre pour faire preuve de compréhension et de pédagogie. Cependant, une fois la confiance établie, elle ne laisse pas Véronique et Gwenaëlle Lebrun, qui sont moins critiques envers Quentin, se reposer.

La juge leur a fait remarquer : « Dans les images et les vidéos que Quentin vous envoyait, on voit vos petits-enfants jouer avec des armes, avec des chargeurs insérés. » Seuls les abonnés peuvent lire la suite de cet article, dont 56.32% reste à dévoiler.

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