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« Quatre idées reçues sur les saisons »

L’été a officiellement débuté le jeudi 20 juin, malgré ce que la météo pourrait suggérer. Le solstice, qui est le jour où le soleil se couche le plus tard, marque généralement ce début. Il a lieu habituellement autour du 21 juin, mais une certaine flexibilité peut être observée d’une année à l’autre. C’est le point de départ de la saison déterminé par les astronomes, tandis que les météorologistes considèrent que l’été commence le 1er juin. Cependant, les définitions peuvent varier significativement suivant les différents endroits sur le globe. Par exemple, c’est le démarrage de la saison humide dans les tropiques et du jour polaire aux pôles. Finalement, il est délicat de définir précisément une saison. Quatre idées reçues permettent d’y apporter de la clarté. « L’été, c’est quand la Terre est le plus proche du Soleil » est l’une d’entre elles. C’est un énoncé incorrect. C’est plutôt l’inverse qui est vrai: la Terre se trouve le plus éloignée du soleil durant l’été, en tout cas dans nos latitudes. Même si la distance entre la Terre et le Soleil est un facteur contribuant aux saisons, son effet sur la température est plutôt minime. En fait, la chose primordiale c’est l’angle d’inclinaison des rayons solaires, ou plus exactement l’axe de rotation de la Terre vis-à-vis du Soleil. Pendant l’été, l’orientation de la Terre est telle que n’importe quel point de la France métropolitaine reçoit (potentiellement) le maximum de chaleur.

Un spectateur statique sur terre constatera que les variations saisonnières sont perceptibles par l’altitude du soleil par rapport à l’horizon. Pendant le solstice d’été, qui se produit généralement le 21 juin mais peut également avoir lieu les 19, 20 ou 22 juin, le soleil se trouve au point le plus proche du zénith. L’inertie atmosphérique – c’est-à-dire sa capacité à absorber, retenir et ensuite restituer la chaleur – contribue à l’avènement de l’été, avec son climat chaud et son soleil torride.

Pourtant, la définition de l’été n’est pas toujours associée à la chaleur. En effet, les températures peuvent fluctuer considérablement par rapport à la normale. Les météorologues reconnaissent l’été en raison du facteur de la chaleur, alors que les astronomes le définissent, comme les autres saisons, en fonction de la lumière solaire. Ils s’appuient sur les repères de l’équinoxe et du solstice plutôt que sur des mois complets.

L’équinoxe (du latin aequus, signifiant « égal », et nox, se traduisant par « nuit ») est le moment où le jour et la nuit ont une durée égale, avant le basculement vers une saison où le jour est plus long (au printemps) ou plus court (en automne) que la nuit. Quant au solstice (du latin sol signifiant « soleil » et sistere signifiant « arrêter, retenir »), il indique le moment où la durée du jour est la plus longue (en été) ou la plus courte (en hiver). Cette distinction entraîne un décalage d’environ trois semaines entre les saisons météorologiques et astronomiques.

Météo France précise que bien que l’ensoleillement atteigne son apogée autour du solstice d’été, c’est environ trois semaines plus tard, en raison de l’inertie de l’atmosphère, que la température moyenne atteint généralement son maximum, soit à la mi-juillet.

Selon les météorologistes, la période estivale débute en juin et se termine en août, la considérant ainsi comme le milieu de l’été. Cela avance donc son début de un mois et demi étant donné qu’une saison dure trois mois complets. De même, l’hiver météorologique commence en décembre et se termine en février, bien que le minimum d’ensoleillement soit atteint le 21, 22, 23 ou 20 décembre. Néanmoins, en raison de l’inertie atmosphérique, le pic de l’hiver se situe généralement mi-janvier.
Les saisons n’ont pas toutes des dates de début et de fin fixes. En effet, cela dépend de la définition que l’on considère et le fait que les saisons astronomiques ne suivent pas un rythme fixe. Cela est dû au fait que chaque année, l’équinoxe se produit un peu plus tôt, devançant sa position précédente de près de vingt minutes. Cela est dû à l’inclinaison de l’axe de la Terre de 23,26 degrés par rapport au plan de l’écliptique, sur lequel les planètes orbitent autour du Soleil, et au mouvement de cet axe, connu sous le nom de précession des équinoxes. Bien que ce changement soit minime, il suffit pour décaler le rythme des saisons d’un jour tous les soixante et onze ans. Les solstices sont également affectés de la même manière.

D’après les calculs de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE), rattaché à l’Observatoire de Paris, le printemps débute le 20 mars depuis 2007 et ce sera le cas jusqu’en 2044. Ensuite, il commencera le 19 mars et la date du 21 mars ne reviendra qu’en 2102.

« Mais il n’y a que quatre saisons : printemps, été, automne, hiver », vous dites? Ce n’est pas si simple. »

Les saisons sont en fait profondément enracinées dans la culture. Par exemple, en Égypte antique, l’année était divisée en trois saisons (les crues du Nil, la période de semis, et la moisson). Alors qu’entre les Gaulois, on en comptait uniquement deux : l’hiver et l’été. C’est le calendrier julien, instauré par Jules César, qui a établi le concept des quatre saisons, bien que leurs dates et leurs noms aient évolué au fil des siècles.

Aujourd’hui, pour une grande partie du monde, on recense quatre saisons, chacune durant trois mois. Les saisons astronomiques commencent avec les équinoxes (printemps et automne) et les solstices (été et hiver), tandis qu’en météorologie, elles débutent plus tôt. Le même principe s’applique dans l’hémisphère Sud, où l’ordre des saisons est inversé : L’hiver austral commence le 1er juin pour les météorologues, et autour du 21 pour les astronomes.

Les périodes des saisons astronomiques représentent les plus anciennes références, véritables composantes de notre patrimoine culturel qui dictent le calendrier et non l’opposé. La durée d’une année solaire est établie comme une période de temps qui suit l’évolution du cycle des saisons, un processus intrinsèquement lié à l’angle d’inclinaison de l’axe terrestre. C’est pour cette raison particulière que, sous les tropiques, on ne distingue que deux saisons : la mousson et la période aride. En revanche, aux pôles, on se réfère plus à la journée et à la nuit polaires.

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