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« Peine de principe » pour commissaire Nantes

Ce jeudi 13 juin, il est évident que Grégoire Chassaing ne souhaite pas s’attarder sous la pluie incessante des interrogations posées par Me Cécile de Oliveira et Me William Pineau, les avocats qui représentent la famille de Steve Maia Caniço. Son ton tranquille et sage de la journée précédente s’évapore : à présent, il est abrupt et rassemble une autorité évidente (« Je crois que j’ai été transparent hier, je me suis exprimé sur ce sujet », élude-t-il plus d’une fois), avec un impact catastrophique.

Regardant ce commissaire exprimer des excuses pour avoir placé ses équipes en situation délicate, Me William Pineau l’interroge : « Éprouvez-vous des remords par rapport au danger que l’opération policière sous votre commande a représenté pour les danseurs présents sur le quai Wilson ce soir-là ? » La réplique du prévenu est tranchante et froide : « Cela n’a rien à voir avec ce procès, monsieur l’avocat. »

L’enjeu de ce procès est de déterminer si le commissaire, qui continue de bénéficier d’un excellent bilan de sa hiérarchie, a commis des erreurs ou non, lors de l’intervention qu’il a supervisée lors de la Fête de la musique 2019 à Nantes, pour mettre fin à une soirée électro qui se déroulait quai Wilson, un endroit alors sans aucune barrière de sécurité sur la plupart de sa superficie. Cette nuit-là, un peu après quatre heures, heure prévue pour la fin de la fête, un DJ a remis la musique, et l’ambiance a éclaté en un instant. Les policiers, qui prétendent avoir été rapidement submergés par un « déluge » de projectiles, ont répliqué en lançant une pluie de grenades lacrymogènes, créant la panique. A 4h33, Steve Maia Caniço, un animateur périscolaire de 24 ans sans antécédents, s’est noyé dans la Loire.

« L’absence de discernement ».

Il y a encore de l’incertitude, cinq ans après l’incident, quant au nombre exact de personnes qui ont chuté dans la Loire durant la nuit et plus précisément lors de l’intervention de la police. Le total des armes utilisées – gaz lacrymogènes, grenades de désencerclement et lanceurs de balles de défense – est également douteux, car il n’a pas été rapporté précisément, émanant des autorités comme des secouristes. C’est une confusion qui persiste sur la scène de l’évènement.

Selon Jacques Schneider, qui à l’époque était chargé du dossier en tant qu’inspecteur général de l’administration, « Il y avait un manque de jugement dans la manière dont l’opération policière a été gérée à partir de 4 heures du matin ». Il estime que l’intervention n’aurait pas dû se dérouler de cette manière et qu’il aurait fallu attendre les renforts des CRS, comme cela a été le cas en 2017.

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