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Réforme incertaine de formation enseignants

L’élaboration d’une réforme concernant l’éducation nationale a rarement été mise à rude épreuve comme c’est le cas actuellement. Le projet de réforme des concours et de la formation initiale des enseignants, exposé pour la première fois en novembre 2023, a vu trois ministres se succéder au ministère de l’Education depuis son introduction. Le décret qui confirme cette réforme d’envergure sera enfin présenté au comité social d’administration (CSA) du ministère mardi 11 juin, malgré l’absence de la ministre, Nicole Belloubet, due à la période de réserve électorale liée à la dissolution de l’Assemblée nationale qui a été décidée par Emmanuel Macron le dimanche 9 juin.

Cinq ans après la dernière réforme, le nouveau texte, qui fait partie du domaine réglementaire, sera mis en application par le gouvernement malgré l’arrêt des travaux parlementaires. A compter de l’année scolaire 2024-2025, il prévoit de déplacer les concours à la fin de la troisième année de licence, plutôt qu’à la fin d’un bac + 5 comme c’est le cas actuellement. Il inclut également une formation spécifique en master nécessaire pour l’obtention du statut de titulaire. Toutes les organisations, sauf le SE-UNSA, ont demandé le retrait du décret à l’ordre du jour du CSA mardi, reprochant une mise en place « bancale » et « non concertée » de la réforme, dont la version soumise au vote rencontre une opposition quasi-unanime.

« Nous n’avons pas eu de discussions avec le ministère entre novembre et mai. Des groupes de travail ont été établis à la hâte ces dernières semaines. Nous n’avons toujours pas une vue globale de la réforme. Nous sommes tenus d’en discuter sans savoir si ceux qui la préconisent seront toujours là dans trois semaines. Ce n’est pas acceptable pour une politique aussi cruciale », critique Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, premier syndicat du secondaire.

Le projet ministériel suscite une unanimicité de critiques de la part des représentants de la profession. Celui-ci est considéré comme inadmissible, en particulier concernant le statut des lauréats du concours en première année de master. Selon le ministère, après avoir réussi le concours en fin de licence, les lauréats seraient acceptés dans un master professionnalisant, rémunéré, mais ils n’accèderaient pas au statut de fonctionnaire stagiaire jusqu’à leur deuxième année. Ils n’obtiendraient pas une rémunération minimum de 1400 euros net par mois, comme prévu initialement, mais toucheraient plutôt une « gratification » mensuelle de 900 euros net en première année de master, sans pouvoir bénéficier des droits sociaux associés au statut de fonctionnaire. Les 65,98% restants de cet article sont réservés aux abonnés.

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