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« Flamme fascisante brûle sur Giorgia Meloni »

Les affiches de campagne de Fratelli d’Italia, le parti dirigé par la Présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, sont omniprésentes dans les rues de Milan et attirent l’attention. La présence de ces affiches a été particulièrement marquée à la fin du Salon international du meuble, un événement majeur pour la ville, qui a attiré de nombreux professionnels du design et touristes. Même si ces derniers se sont peut-être concentres sur d’autres aspects de leur visite, l’image de Giorgia Meloni, affublée d’une coupe qui accentue sa blondeur, un sourire confiant et une veste à allure militaire, est restée dans les esprits de nombreux Italiens.

Au-dessus de l’image de Meloni se dresse une flamme, un symbole utilisé par Fratelli d’Italia pour souligner la continuité avec l’Alliance nationale, un parti d’extrême droite fondé dans les années 1990. Ce dernier est lui-même un successeur du Mouvement social italien, né dans les ruines de la République de Salò, un régime instauré par Benito Mussolini et soutenu par Adolf Hitler après la Seconde Guerre mondiale. L’affichage de cette flamme est symptomatique de l’appropriation croissante, par une partie de la société, de symboles liés au fascisme. Les saluts romains effectués impunément par des activistes de droite lors de commémorations à Milan et Rome en sont également la preuve.

Depuis son arrivée à la tête du gouvernement de coalition en octobre 2022, Giorgia Meloni a instauré des politiques permettant de retracer l’histoire de l’extrême droite italienne, poursuivant ainsi ses convictions politiques. Mais cette tendance pourrait bien provoquer une régression.

Giorgia Meloni, sur le plan constitutionnel, prône une réforme qui permettrait l’élection directe du président du conseil, dynamiserait ses pouvoirs et restreindrait simultanément les compétences du président de la République italienne – le chef d’État – à exercer un contrôle institutionnel face aux impulsions des politiciens populistes et à rétablir la confiance du marché comme dans le passé. Jusqu’à présent, le rôle de gardien de la Constitution a été exercé par le président de la République italienne. Si cette transformation se produisait, cela poserait un risque de régression vers une forme d’« autocratie », comme l’a fait remarquer la sénatrice Liliana Segre, survivante de la Shoah, lors d’un discours au Sénat.

Le gouvernement de Mme. Meloni, face à des difficultés pour tenir sa promesse de diminuer l’immigration à zéro à travers un blocus naval militaire, a également entrepris de détourner les arrivées vers l’Albanie. Une telle opération pourrait lui permettre de diminuer le nombre officiel d’immigrants, mais elle se traduit en réalité par la délocalisation des procédures d’asile, par l’intermédiaire de centres de gestion relevant de la juridiction de Rome mais situés sur le territoire albanais. Cette manœuvre est estimée à un coût de 650 millions d’euros.

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