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26 avril 2024 10 h 09 min

« Chine accusée à Bruxelles de piratage »

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Au cours d’une enquête menée par le FBI sur une tentative d’espionnage chinois envers des responsables américains, il a été confirmé que l’ordinateur d’Els Van Hoof, la présidente du comité des affaires étrangères de la chambre des représentants belge, avait été piraté par des hackers chinois du groupe APT31, aussi connu sous le nom de Zirconium, qui sont en lien avec le service de renseignement de Pékin.

Même si à l’époque, les services de renseignements belges affirmaient ne rien avoir trouvé, Mme Van Hoof a été mise au courant de cet incident un mois plus tôt. Le fait qu’elle soit membre de l’Alliance Interparlementaire sur la Chine (Ipac), qui a été créée en 2020 et qui comprend des membres du Parlement européen ainsi que des représentants de trente assemblées différentes, est probablement la raison pour laquelle elle a été visée. L’objectif de l’Ipac est de mettre en place des réponses coordonnées contre Pékin sur les questions liées aux droits de l’homme, à la sécurité et au commerce. Mme Van Hoof a indiqué que près de quatre cents membres de l’Alliance auraient été ciblés par des cyberattaques.

Elle estime un « très inconfortable » que pendant trois années ses activités aient été suivies et sa localisation connue par Pékin. De plus, elle rapporte avoir subi des menaces et de l’intimidation, principalement de la part de l’ambassade de Chine à Bruxelles. « Ils ont essayé de me faire taire, mais je n’ai pas changé d’opinion concernant la situation à Taiwan ou celle des Ouïgours, » a-t-elle déclaré sur VRT, une chaine de télévision publique néerlandaise.

Un autre membre élu aurait également été piraté.

Évoquant des problèmes de sécurité en mai 2021, un comité présidé par Mme Van Hoof avait pris en compte le témoignage des Ouïgours, une minorité musulmane, certains affirmant avoir été menacés en cas de discours public. Par ailleurs, les fonctions de visioconférence du Parlement belge avaient été suspendues lors d’une attaque numérique. Une nouvelle proposition de Mme Van Hoof est maintenant la mise en place d’un système dédié au renforcement de la sécurité de l’informatique pour leur assemblée.

Cela a alerté la ministre des relations extérieures, Hadja Lahbib qui a récemment publié, le 25 avril sur le réseau X, qu’elle a l’intention de convoquer « le diplomate chinois » pour discuter de cette question. Elle a insisté sur le fait que les membres du Parlement doivent être libres d’exercer leurs fonctions, une convention essentielle à leur démocratie, comme le souligne cette responsable libérale francophone.

Samuel Cogolati, un politicien écologiste, est également devenu une victime de ce même groupe de pirates informatiques en 2021. En 2023, il a été mis au courant de cette affaire. « Ce qui me préoccupe, c’est que le Premier ministre Alexander De Croo m’a précédemment informé que j’étais le seul affecté, » a-t-il révélé au Monde. En 2021, ce député, membre de l’Ipac lui aussi, avait proposé un projet de loi pour décrire la situation des Ouïgours en Chine comme un « génocide ». Ce mouvement avait provoqué une riposte prompte de la part des diplomates chinois.

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