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Occidentaux au Niger face aux Russes

Faire face à la difficulté de rester sans compromettre ses principes, ou laisser la place à ses adversaires en partant ? Tel est le dilemme auxquels sont confrontés les représentants de l’Occident encore présents au Niger au fur et à mesure que l’influence de la Russie s’étend dans le pays et que le pouvoir des militaires, qui ont démis le président élu Mohamed Bazoum fin juillet 2023, s’affirme.
Un groupe de l’Africa Corps – la nouvelle entité paramilitaire russe dans la région du Sahel – composé d’une centaine d’hommes a débarqué à Niamey, la capitale du Niger le 10 avril. Leur rôle officiel est la formation de l’armée locale. Cependant, ils sont également soupçonnés de protéger la position du général Abdourahamane Tiani, selon diverses sources.
Ni les États-Unis, ni un quelconque pays européen, n’ont publiquement commenté ce déploiement par crainte de provoquer la colère du régime et de risquer l’expulsion brutale. C’est une situation que les partenaires occidentaux tels que Washington, Rome et Berlin cherchent à éviter en négociant individuellement avec les responsables du coup d’État pour maintenir leurs présences diplomatiques et militaires. Cela se produit alors que les troupes françaises ont été forcées de quitter le pays fin 2023.
Entre le 12 et le 14 mars, la sous-secrétaire d’État aux affaires africaines, Molly Phee, a visité Niamey pour défendre une reprise de la coopération militaire américaine, interrompue suite au coup d’État. Elle a demandé des assurances que les troupes américaines n’opèrent pas au même endroit ou dans les mêmes conditions que les Russes, selon un conseiller du gouvernement du Niger. Sans succès.
L’UE exige un retour à l’ordre constitutionnel.

La junte a critiqué l’accord de 2012 qui régissait la présence des environ 1 100 militaires américains au Niger, principalement stationnés à Agadez, au nord. Cette base permet au Pentagone de coordonner des opérations de renseignements aériens en Libye et au Sahel. La situation est devenue plus tendue après que des milliers de Nigériens ont démontré dans les rues de Niamey le 13 avril pour demander leur départ.

Des officiers de haut rang du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, l’organe dirigeant de la junte) ont participé à la manifestation. Un autre rassemblement est prévu pour le dimanche 21 avril à Agadez, mais les États-Unis semblent résolus à ne pas laisser la place à la Russie et déclarent continuer à négocier leur présence militaire avec les autorités nigériennes, selon une source officielle du département d’État.

L’Italie et l’Allemagne tentent également de maintenir leur position. En mars, les deux nations ont envoyé des représentants à Niamey pour discuter du sort des 100 soldats allemands et des 250 militaires italiens présents dans la capitale en vertu d’accords bilatéraux pour former l’armée nigérienne. Selon nos sources, l’Allemagne cherche à diminuer sa présence militaire, ne laissant qu’une force de 30 à 40 soldats pour surveiller un aérodrome militaire à Niamey.

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