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« Égypte: Impasse pour exilés soudanais »

Chaque jour, à compter de 8h00, des milliers de personnes quittent leur maison pour se rendre à l’énorme bâtiment du département général des passeports, de l’immigration et de la nationalité situé à El-Abbassiya, dans la ville du Caire. C’est dans ce dédale administratif que se déroule l’immigration égyptienne sous l’égide du ministère de l’Intérieur.

Parmi les Syriens, les Yéménites et les Libyens, les Soudanais forment désormais la plus grande communauté de réfugiés en Égypte. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés indique qu’à la suite du déclenchement de la guerre au Soudan le 15 avril 2023, plus de 460 000 personnes ont trouvé refuge en Égypte. Cela s’ajoute aux 4 millions de Soudanais qui y résidaient déjà depuis longtemps.

Au centre d’El-Abbassiya, les officiers de police et les agents de renseignements les dirigent vers les comptoirs sans précaution. « Depuis des semaines, je reviens ici tous les deux jours pour tenter d’obtenir mon permis de résidence. À chaque fois, le processus échoue et ils demandent toujours plus de documents. C’est dégradant », déclare Hamza (les noms ont été modifiés pour des raisons de sécurité), banquier de 40 ans. Il a fui Khartoum, la capitale du Soudan, en août dernier après avoir été torturé pendant cinq jours par les miliciens des Forces de soutien rapide.

Dans le labyrinthe de l’administration en Égypte, il faut beaucoup de temps pour obtenir un permis de séjour et la plupart du temps, ces autorisations précieuses sont accordées seulement pour de courtes durées. « Ils ne sont valables que pour six mois. La plupart du temps, les gens les obtiennent après quatre mois, ne leur laissant que deux mois pour séjourner légalement avant de devoir en faire la demande à nouveau. C’est un véritable parcours du combattant », regrette Sheima Taj El-Sir, une avocate originaire du Soudan.

« Des mesures qui n’ont réussi qu’à augmenter l’illégalité. » Suite à la guerre au voisin Soudan, avec qui ils partagent une frontière de 1300 kilomètres, l’Égypte a renforcé les restrictions pour entrer sur son territoire. En juin 2023, l’Égypte a mis un terme à l’exemption de visa dont jouissaient précédemment les femmes, les enfants de moins de 16 ans et les hommes de plus de 50 ans, suspendant de facto les accords bilatéraux The Four Freedoms Agreement signés en 2004 qui visaient à faciliter le passage des personnes.

De plus, en août, Le Caire a introduit des conditions plus strictes pour l’obtention d’un permis de résidence, exigeant un dépôt en dollars à la banque et imposant une taxe de 1000 dollars (940 euros) sur les migrants arrivés illégalement pour obtenir le statut de résident. « Ces mesures n’ont réussi qu’à augmenter l’illégalité », ajoute Sheima Taj El-Sir.

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