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« Mobilisation pour l’évacuation des journalistes Gaza »

Au cours des six derniers mois, 103 journalistes ont été tués à Gaza suite aux attaques israéliennes. Parmi eux, au moins 22 sont morts pendant l’exercice de leur travail. Combien faudra-t-il de pertes supplémentaires avant que la communauté internationale n’intervienne pour protéger ces personnes qui risquent leur vie pour nous tenir informés ?
Les journalistes de Gaza, qui témoignent des souffrances des civils, subissent eux-mêmes les effets dévastateurs de ce conflit sans merci, tout en continuant à le couvrir coûte que coûte. Malgré le bruit assourdissant des bombes, la voix des journalistes palestiniens qui luttent pour se faire entendre ne s’est pas tue, souvent au prix de leur épuisement physique et mental.
Leur situation demeure précaire, leur épreuve méconnue. Ils sont confrontés à des risques constants, des bombardements non discriminatoires aux tirs ciblés, des intimidations des combattants aux arrestations arbitraires. Leur travail est vital pour que le monde puisse être informé de la réalité à Gaza, mais leur sécurité ne doit pas être sacrifiée pour l’information.
Depuis le début de cette guerre entre Israël et le Hamas, Reporters sans frontières (RSF) a élaboré, en collaboration avec son réseau local et les médias internationaux, des listes de journalistes palestiniens souhaitant être évacués ainsi que leurs familles. Leurs noms ont été communiqués aux organisations internationales et aux ambassades des démocraties les plus engagées pour la défense de la liberté de la presse.

Au cours des six derniers mois, des journalistes de renommée comme Wael Al-Dahdouh, Mahmoud Al-Homs et Motaz Azaiza ont réussi à s’échapper de l’enclave assiégée. Plus récemment, en février, la collaboratrice de RSF à Gaza, Ola Al Zaanoun, a trouvé un asile au Qatar après un voyage marqué par l’incertitude, partageant avec nos équipes des récits de la détresse de ses collègues. Les cas d’évacuation sécurisée sont malheureusement trop rares, résultant de semaines d’efforts incessants et conjoints d’ONG et de gouvernements.

Il est certainement justifié de donner la priorité à la sécurité des citoyens nationaux et de leurs bénéficiaires, mais la situation préoccupante des journalistes à Gaza appelle rapidement à la mise en place d’un plan d’évacuation pour ces professionnels de l’information en danger qui le souhaitent. Face à cette crise humanitaire, des visas d’urgence devraient être accordés sans hésitation et le nombre restreint de journalistes concernés devrait inciter les autorités à adopter des procédures accélérées, en se basant sur l’expertise reconnue d’ONG comme RSF.

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