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Haïti: Autorités de transition après négociations

Le Conseil présidentiel de transition en Haïti, très anticipé, a finalement été instauré officiellement le vendredi 12 avril. C’est après des semaines de pourparlers ardues et un mois après la démission du très contesté Premier Ministre Ariel Henry que cette instauration a eu lieu. Dans ce pays tourmenté par la violence des gangs, cette création a été validée par un décret signé par M. Henry et publié dans le journal officiel, Le Moniteur. Le rôle de ce Conseil sera de s’efforcer de réinstaurer l’ordre public et la stabilité. Ses membres ont la charge de nommer un Premier ministre et un gouvernement « inclusifs » en temps voulu, d’après le décret. Le mandat du Conseil se terminera au plus tard le 7 février 2026, stipule le document.

Bien que le Conseil ne soit pas encore officiellement en charge du pays, Ariel Henry « présentera la démission de son gouvernement suite à la nomination d’un nouveau Premier ministre », précise le texte.

La constitution de ce Conseil a été applaudie par la Communauté des Caraïbes (Caricom), qui a salué cette initiative comme « un nouveau départ » pour ce pays, ravagé à la fois par la violence des gangs et la pauvreté. Les nations de la Caricom ont accueilli favorablement la publication du décret qui établit le Conseil présidentiel de transition en Haïti. « L’instauration de ce conseil de neuf membres, largement représentatif et politiquement inclusif, laisse présager un nouveau départ pour Haïti », selon le communiqué du groupe basé à Georgetown, la capitale du Guyana.

La mise en place de ce Conseil a été précédée de plusieurs semaines de négociations compliquées.

Haïti, une nation caribéenne pauvre, a souffert pendant de nombreuses années d’instabilité politique persistante. A la fin du mois de février, des gangs menaçaient de renverser Ariel Henry, suite à des attaques organisées contre des cibles stratégiques. Henry, qui avait été nommé peu de temps avant l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, faisait l’objet de nombreuses critiques et n’a pas été en mesure de retourner dans son pays suite à un voyage au Kenya.

Le 11 mars, le même jour qu’une réunion entre des représentants haïtiens et plusieurs organisations et pays dont les États-Unis, Henry annonçait sa démission pour permettre la mise en place d’un conseil de transition présidentiel. Après plusieurs semaines de négociations délicates, marquées par de nombreux revirements, ce conseil a finalement été institué. Cela a été rendu difficile par des désaccords entre les partis politiques, d’autres parties prenantes et même le gouvernement sortant, sans parler des incertitudes concernant la légalité d’une telle structure.

Il n’y a pas eu d’élections en Haïti depuis 2016. Le conseil sera composé de sept membres ayant le droit de vote et représentant les principales forces politiques et le secteur privé en Haïti. Bien que le décret mentionne les partis politiques sélectionnés, il n’indique pas les noms des personnes qui doivent en être membres. Deux observateurs sans droit de vote représenteront respectivement la société civile et la communauté religieuse.

Ceux étant sous le coup de sanctions de l’ONU, ayant des accusations ou des condamnations judiciaires, envisageant de se présenter aux prochaines élections haïtiennes et/ou se prononçant contre la résolution de l’ONU appelant au déploiement d’une mission de soutien à la sécurité multinationale seront exclus du conseil.

Haiti, sans chef d’État ni assemblée législative depuis 2016, n’a pas eu d’élections. Environ 80% de la capitale est contrôlée par des groupes criminels, reconnus coupables d’une multitude de crimes, principalement des meurtres, agressions sexuelles, pillages et kidnappings pour demande de rançon. L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a révélé vendredi dernier que près de 100 000 individus ont quitté la région métropolitaine de Port-au-Prince en un mois, fuyant l’intensification des assauts de ces gangs.

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